Un espace naturel oublié
au cœur de Montréal

La Falaise Saint-Jacques, un endroit clé pour relier et sauver les espaces verts naturels de l’Île de Montréal

Par Lisa Mintz

La falaise Saint-Jacques est l’un de dix écoterritoires sur l’ile de Montréal dont la protection et la mise en valeur sont prioritaires, selon la politique de protection et de mise en valeur des habitats naturels de la Ville de Montréal. Elle ne fait que 20 hectares, mais son emplacement en fait une pièce maitresse dans la bataille pour sauvegarder et relier les espaces verts de Montréal.

Ce long ruban d’arbres – qui se déroule sous les bâtiments des entreprises du côté sud de la rue Saint-Jacques à Notre-Dame-de-Grâce—s’étire sur quatre kilomètres, de Westmount à Montréal-Ouest, et se termine sur la rue Pullman à la hauteur du magasin Canadian Tire. Immédiatement au sud de la falaise se trouve la cour Turcot, où le ministère du Transport (MTQ) s’active sur le projet de 3,7 milliards de dollars de l’échangeur Turcot. Plus au sud se trouve l’arrondissement du Sud-Ouest.

map falaise St-Jacques WestmountMag.ca

La falaise Saint-Jacques est un maillon essentiel pour relier les espaces verts de Westmount, NDG, Montréal-Ouest, Lachine, Le Sud-Ouest et LaSalle. Tous les groupes environnementaux montréalais reconnaissent son importance stratégique dans le projet de ceinture verte. On peut observer près de 65 espèces d’oiseaux dans cet espace de 20 hectares, dont plusieurs qui suivent la falaise Saint-Jacques lors de leur trajet migratoire.

 

La falaise est un maillon essentiel pour relier les espaces verts de Westmount, NDG, Montréal-Ouest, Lachine, Le Sud-Ouest et LaSalle.

Cet espace vital est cependant menacé. Le MTQ a déjà rasé 10% de la falaise dans le cadre du projet Turcot. C’est beaucoup pour un espace naturel aussi important et si nous ne restons pas vigilants, on continuera de rogner petit à petit cet important écoterritoire (et d’autres) jusqu’à ce qu’il disparaisse. En fait, dans la section ouest, c’est exactement ce qui se passe.

falaise St-Jacques WestmountMag.ca

La mission de Sauvons la falaise ! est d’être le gardien de cet important espace vert et de voir à ce que la connectivité s’opère entre les endroits qui entourent la falaise grâce à des sentiers pédestres et des pistes cyclables. Sauvons la falaise ! vise donc à créer un corridor vert qui inclurait la falaise Saint-Jacques, reliée au sud au canal Lachine, au parc Angrignon, à l’hôpital Douglas et au parc des Rapides, vers l’est au parc du Mont-Royal et à l’ouest au futur parc Meadowbrook, qui pourrait être aménagé sur le golf, au parc René-Lévesque et possiblement aussi loin que L’Anse-à-l’Orme.

La petite histoire de la falaise Saint-Jacques est un demi-succès. Nous avons perdu deux hectares d’espaces verts, mais le MTQ se sait surveillé. La falaise jouit d’un soutien politique et public de même que de l’appui d’autres groupes environnementaux. En avril dernier, l’arrondissement de CDN-NDG a appuyé à l’unanimité une résolution pour protéger la falaise, la nettoyer et en assurer la connectivité. L’arrondissement Le Sud-Ouest a fait de même en juin. Les maires et les conseillers de ces deux arrondissements appuient le projet. Nous avons aussi tenu une assemblée publique en juin afin de mobiliser les citoyens et de consolider l’appui du public.

La Ville de Montréal procède actuellement à la mise en valeur de la falaise Saint-Jacques et décide seule de son avenir. Tout cela se fait sans la participation de Sauvons la falaise ! et d’autres groupes environnementaux touchés. Le mois dernier, deux nouvelles incursions ont eu lieu afin d’aménager des drains sans aucune explication. Sans oublier que les consultations publiques promises n’ont jamais eu lieu.

Sauvons la falaise! veut aussi que Montréal atteigne son objectif de protéger 10 % de l’île de Montréal, un pourcentage d’ailleurs inférieur à ce que l’on retrouve dans bien des villes canadiennes. Selon Sylvia Oljemark de la Coalition verte, l’ile de Montréal ne protège en ce moment que 6 % de son territoire. Pour atteindre les 10 %, il nous faut protéger 2 000 hectares de plus et pour ce faire, nous ne pouvons nous permettre de perdre la moindre parcelle d’espace vert existant !

On trouve quelque 65 espèces d’oiseaux dans cet espace vert de 20 hectares, dont beaucoup suivent la falaise dans le cadre de leur itinéraire migratoire.

Peregrine Falcon falaise St-Jacques WestmountMag.ca

La connectivité des espaces verts représente un autre enjeu. Notre vision comprend des pistes cyclables et des sentiers piétonniers qui relient des espaces verts existants et futurs. La faune terrestre peut emprunter ces corridors, profitant ainsi de sources de nourriture et d’habitats plus diversifiés. Des espèces indigènes pourraient être plantées le long de ces corridors, notamment les espèces prisées par les oiseaux comme l’amélanchier, le prunier sauvage et le sorbier des oiseaux.

Nous considérons aussi la falaise comme un formidable outil d’éducation. Trois des zones les plus pauvres de Montréal, Saint-Pierre, Saint-Henri et Saint-Raymond sont à proximité, mais n’y ont pas accès. Si la falaise était ouverte au public, ce serait une ressource éducative et récréative de premier plan pour ces quartiers.

Pour ces mêmes raisons, nous nous préoccupons aussi de la mise en valeur des zones humides du Technoparc à Saint-Laurent et des prairies humides de L’Anse-à-l’Orrme. De tels projets grugent le peu d’espaces verts qu’il nous reste et le fragmentent davantage. On y retrouve plusieurs espèces d’animaux et de plantes menacées. D’autres endroits sont aussi voués à la mise en valeur.

Récemment, la Caisse de dépôt et placement du Québec proposait le projet de Réseau électrique métropolitain (REM) qui curieusement, sera construit dans des endroits affichant une faible densité de population, ce qui augmentera d’autant l’étalement urbain, un peu comme l’a fait le Go Train à l’extérieur de Toronto. Le REM représente une autre menace aux espaces verts à proximité de Montréal, où l’on retrouve la plus riche biodiversité au Québec. J’espère que d’autres projets de transport en commun plus efficaces seront éventuellement retenus.

L’observation des oiseaux est le loisir le plus important en Amérique du Nord. Il génère des millions sinon des milliards de dollars. Montréal avec ses deux langues officielles et sa superbe biodiversité pourrait devenir la capitale nord-américaine de l’écotourisme. Plutôt que de générer des revenus par le développement immobilier, Montréal pourrait devenir l’endroit idéal où observer les oiseaux ! C’est mon rêve le plus cher : la protection des habitats des oiseaux et leur appréciation.

Calendrier Sauvons la falaise! calendar - WestmountMag.caCalendrier pour notre collecte de fonds

Cette année, Sauvons la falaise! et Les Amis du Parc Meadowbrook vous proposent un calendrier qui met en vedette des paysages de ces deux endroits pour ainsi créer des liens entre les groupes et ces espaces. Les recettes de la vente allant à la protection de ces deux espaces verts, les calendriers seront en vente à la Coop la Maison Verte, au 5785, rue Sherbrooke ouest. Vous pouvez aussi communiquer avec moi pour en obtenir un exemplaire ou pour vous joindre à nous et participer à nos travaux.

Personnellement, je le fais pour les oiseaux.

Lisa Mintz
Cofondatrice, Sauvons la falaise!
Coprésidente, Les Amis du parc Meadowbrook
Membre du conseil d’administration de la Coalition verte
(environnementaliste et ornithologue amateur)
sauvonslafalaise1@gmail.com

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Images: courtoisie de Sauvons la falaise!



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