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Les lieux de Westmount :
histoire et anecdotes /17

L’histoire derrière le familier : Blenheim Place, l’un des plus belles impasses de Westmount

Par Michael Walsh

Les marcheurs sont des “praticiens de la ville”, car la ville est faite pour être parcourue à pied. Une ville est une langue, un réservoir de possibilités, et la marche est l’acte de parler cette langue, de choisir parmi ces possibilités.

Rebecca Solnit, Wanderlust: A History of Walking

Êtes-vous un marcheur ? Westmount est l’endroit idéal pour se promener, loin de la circulation, parmi ses nombreuses rues tranquilles qui n’ont pas changé d’aspect depuis plus d’un siècle. Bien que muettes, les maisons de la rue semblent exprimer un passé qui doit être partagé.

Si je vous disais que l’un des plus beaux culs-de-sac de Westmount est Blenheim Place, seriez-vous d’accord avec moi ? Il serait difficile de ne pas être d’accord avec cette question.

Une étude sur le patrimoine de Westmount décrit la rue comme une « terrasse à l’échelle d’une rue entière ». Ce qui rend l’aspect de la rue unique est que chaque propriétaire a peint sa façades en bois d’une couleur particulière.

François Vachon de Belmont - WestmountMag.ca

François Vachon de Belmont (circa 1700) – Domaine public

En me promenant dans la rue, je me souviens du conte des frères Grimm, Hansel et Gretel, de 1812, et de leur découverte d’un chalet construit en pain d’épices.

Comme beaucoup d’autres rues de Westmount, Blenheim Place portait précédemment un autre nom : Belmont Place. Selon Les Rues de Montréal : répertoire historique (1995), le nom de la rue honorait François Vachon de Belmont (1645-1732), cinquième supérieur des Sulpiciens à Montréal. La Bibliothèque Sulpicienne décrit ses réalisations comme suit :

« Nommé missionnaire auprès des Indiens de La Montagne, il se rendit au Canada en 1680 où il occupa cette fonction jusqu’en 1700, date à laquelle il succéda à Dollier de Casson comme supérieur de l’ordre. Il érigea à ses frais le Fort de La Montagne sur le site de l’actuel Grand Séminaire, et construisit l’ancien séminaire, qui existe toujours sur la rue Notre-Dame, et entama la construction du canal de Lachine. »

« Parmi ses écrits, on trouve : Histoire du Canada, imprimée dans la Collection de mémoires et de relations sur l’histoire ancienne du Canada, publiée par la Société historique du Québec ; Histoire de l’eau-de-vie en Canada, imprimée dans la collection mentionnée ci-dessus ; Oraison funèbre de la Mère Bourgeoys, cité par Faillon dans Vie de la Soeur Bourgeoys, II, 88-98 ; Éloges de quelques personnes mortes en odeur de sainteté à Montréal, et un certain nombre de mémoires sous forme manuscrite.  Il convient également de mentionner l’oraison funèbre de Mgr Montmorency-Laval, premier évêque de Québec, prononcée à Montréal, en juin 1708. »
Bertrand, Bibliothèque Sulpicienne ou hist. litt. de la c. de Saint-Sulpice (Paris 1900)

Duke of Marlborough - WestmountMag.ca

Le duc de Marlborough signant une dépêche à Blenheim, Robert Alexander Hillingford (1825-1904) – Domaine public

Le 20 mai 1912, le conseil municipal a renommé Belmont Place en Blenheim Place en hommage à la bataille de Blenheim (ou Bataille de Höchstädt, 1704), menée par John Churchill, Duc de Marlborough, capitaine général des forces anglaises et néerlandaises en Europe. Le Musée national de l’armée (Royal Hospital Road, Londres) a décrit la bataille comme suit :

105 Blenheim Place - WestmountMag.ca

105 Place Blenheim

« La bataille de Blenheim fut livrée le 13 août 1704 pendant la guerre de Succession d’Espagne (1702-13). Défaite décisive des forces franco-bavaroises par les armées alliées anglaises, néerlandaises et autrichiennes, elle a détruit le mythe de l’invincibilité française et a valu à l’armée britannique une réputation durable de courage et de discipline sur le champ de bataille. »

On doit convenir que ces noms de rues sont une sacrée juxtaposition, l’un honorant un supérieur des Sulpiciens à Montréal et l’autre la bataille de Blenheim. Ce sont ces anecdotes qui font de la ville de Westmount un endroit si enrichissant pour la recherche.

Faisons une petite promenade sur la place Blenheim et faisons plus ample connaissance avec certains des premiers habitants de la rue.

 

107 Blenheim Place - WestmountMag.ca

107 Place Blenheim

105 Place Blenheim

David A. Murphy, dessinateur, Dominion Bridge Works – 1899

« Fondée au milieu du 19e siècle, la Dominion Bridge Company a construit tous les ponts ferroviaires du Canadien Pacifique entre Montréal et Vancouver. Au fil des ans, cette grande entreprise a affiné son expertise de l’acier en travaillant sur de nombreux ouvrages majeurs, tels que le pont de Québec, le pont Champlain, la structure du Château Frontenac, la Croix du Mont-Royal et, bien sûr, le pont Jacques-Cartier…”
Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée

107 Place Blenheim

Fred H. Barwick, G. W. Reed & Company – 1899

L’entreprise fabriquait des formes pour bottes. Leur usine était située à Saint-Henri.

110 Blenheim Place - WestmountMag.ca

110 Place Blenheim

108 Place Blenheim
P. W. A. Burket, commis – 1899

110 Place Blenheim
F. Gordon Payne, J. B. Picken & Company – 1899

« J. B. Picken & Co, membres de la Bourse minière de Montréal, courtiers en bourse, 124, rue St. James »
Montreal Gazette, 24 mars 1911

113 Place Blenheim (Former civic number)

John Watterson, commerçant – 1899
Henry J. Ross, premier vice-président de l’Institut des comptables et des vérificateurs de la province de Québec

« John Watterson est membre de la Chambre de commerce, membre à vie de l’Association d’athlétisme amateur de Montréal et capitaine à la retraite du 6e bataillon de fusiliers, aujourd’hui grenadiers de la Garde. Les bureaux de M. Ross sont situés au n° 180 de la rue St. Jacques. »
Montreal Old and New

115 Blenheim Place - WestmountMag.ca

115 Place Blenheim

115 Place Blenheim

Donald W. Ross junior, employé de la Dominion Bridge Company – 1899

116 Place Blenheim
James E. Steen, agent de publicité, Toronto Type Foundry – 1899

« La Montreal Type Foundry (MTF) a ouvert ses portes dans les années 1830 et, jusqu’à sa fermeture 40 ans plus tard, elle a été l’un des premiers producteurs de caractères typographiques au Canada et un fournisseur de presses tant importées que nationales. En 1887, la Toronto Type Foundry (TTF) a été créée, ce qui indique que le centre de l’industrie de l’imprimerie s’était déplacé de Montréal à Toronto et qu’en 1898, elle avait des succursales dans tout le pays, de Halifax à Vancouver. »
Encyclopédie canadienne

117 Place Blenheim

Herbert W. Crofts, James Carruthers & Company – 1899

Wood type catalog - WestmountMag.ca

Toronto Type Foundry Company, 1897 – Domaine public

« James Carruthers est né dans une famille d’immigrants écossais de la région de Dumfries arrivés à Toronto vers la fin des années 1840. Son père a longtemps travaillé pour le service postal de la Grand Trunk Railway Company, gagnant assez pour acheter une maison… (Carruthers) a fondé la société qui allait devenir la plus grande entreprise d’exportation de céréales au Canada, James Carruthers and Company… »

« Au milieu des années 1890, Carruthers était un marchand prospère, vivant dans une élégante résidence néo-romane sur la prestigieuse Jarvis Street de Toronto. Son cabinet avait des bureaux à Montréal, Toronto et Winnipeg, et allait bientôt en ouvrir un à New York. En 1898, il devint également actionnaire d’une grande société d’élévateurs à grains au Manitoba. »

« Très actif dans les chambres de commerce et les échanges de céréales au Canada et dans le nord des États-Unis, M. Carruthers fit de nombreux voyages d’affaires en Grande-Bretagne. Ce vaste réseau lui a été très utile de 1900 à 1920, lorsque les exportations de blé canadien sont devenues le moteur de la croissance économique du Canada. Il s’est taillé la part du lion de ce commerce au début des années 1910. »
Dictionnaire biographique du Canada

Images : Michael Walsh 
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Michael Walsh - WestmountMag.ca

Michael Walsh est un résident de longue date de Westmount. Heureux d’être retraité après avoir passé près de quatre décennies dans le domaine de la technologie de l’enseignement supérieur. Étudiant professionnel par nature, sa formation universitaire et ses publications portent sur la méthodologie statistique, la mycologie et la psychologie animale. Durant cette période, il a également été officier dans les forces armées canadiennes. Avant de s’installer à Montréal, il a été chargé d’évaluer les programmes bilingues des écoles primaires et secondaires par le ministère de l’éducation de l’Ontario. Aujourd’hui, il aime passer du temps avec son (énorme) Saint-Bernard tout en découvrant le passé de la ville et en partageant les histoires des arbres majestueux qui ornent les parcs et les rues. Il peut être contacté à l’adresse michaelld2003 @hotmail.com ou sur son blog Westmount Overlooked


Hatley

 



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