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La Conférence de Montréal :
Mener le changement

L’évènement a offert trois jours de rencontres des plus intéressantes aux 4300 participants

Par Jean-Luc Burlone

Pour son 25e anniversaire, la Conférence de Montréal a abordé trois thèmes d’importance : Économie, finance et capitalisme ; Agriculture, commerce et innovation ; et Énergie, villes et changements climatiques. Dans ce type d’évènement, on entend souvent l’air du temps, c.-à-d. des remarques ou des opinions qui ne font que refléter l’état actuel de la connaissance du sujet discuté.

Cela est pour ainsi dire inévitable. Mais ce qui distincte la Conférence de Montréal du Forum économique international des Amériques, est d’y entendre des points de vue qui poussent la discussion au-delà du consensus ou qui le remettent carrément en question. Les neufs discussions sur l’intelligence artificielle (IA) ont clairement illustré cette qualité qui a marquée bien d’autres sujets de discussions.

Trois thèmes d’importance ont été abordés : Économie, finance et capitalisme ; Agriculture, commerce et innovation et ; Énergie, villes et changements climatiques.

Dès la première matinée, une discussion sur l’éthique de l’IA a questionné notre confiance envers l’IA en particulier et la technologie en générale. Est-ce que notre enthousiasme à utiliser la technologie n’a pas limité son efficacité et nuit à sa conception? Est-ce que l’on trouve plus rapidement le numéro de téléphone d’un nouvel ami par l’Internet d’aujourd’hui que par le bottin de téléphone d’antan? Les répertoires d’entreprises automatisés sont-ils exacts? Qui les met à jour?

Certes, le potentiel de l’IA et l’utilisation des données qui l’instruisent sont bien connus. Ses victoires sur l’homme aux jeux de Go ou d’échec sont impressionnantes et sa supériorité dans certains diagnostics médicaux est rassurante. Mais croire que la technologie et l’IA pourraient résoudre tous les problèmes serait ignorer qu’il y a une limite à toute croissance et que l’IA n’est qu’une géniale utilisation mathématique des données humaines.

La technologie et l’IA exacerbent les inégalités, qu’elles soient financières ou sociales comme l’éducation et les soins de santé. La misère, la maladie et l’injustice perdurent, que l’on compte sur ses doigts ou avec un programme mathématique. Comment un algorithme pourrait-il résoudre les problèmes sociétaux comme la cohésion sociale alors que l’on ne sait pas l’instruire des réponses à ces problèmes.

‘… ce qui distincte la Conférence de Montréal du Forum économique international des Amériques, est d’y entendre des points de vue qui poussent la discussion au-delà du consensus ou qui le remettent carrément en question.’

Le défunt Alan Krueger (The Economics of Music Business) utilisa le succès international de Rihanna pour démontrer qu’avec la technologie les stars d’aujourd’hui peuvent générer un revenu plus de trois cent fois supérieur au revenu moyen par habitant. Mais l’économiste Paul Krugman donne un contre exemple en rappelant que les chanteuses d’opéra Elizabeth Billington (morte en 1818) et Jenny Lind (morte en 1887) eurent toutes deux un revenu trois cents fois supérieur au revenu moyen de leur époque.

En éducation, la technologie n’offre pas un enseignement plus efficace qu’un livre entre les mains de l’étudiant. Les échecs subis par certains élèves aux tests standard d’acceptation ou de graduation sont causés par le manque de fonds de certains districts pour acheter le livre des réponses qui accompagnent les tests prescrits.

Nous errons en nous soumettant aveuglément et avec enthousiasme à une technologie sans nous assurer de son efficacité réelle à accomplir une tâche spécifique. La Conférence de Montréal déclenche une réflexion qui facilite notre discernement entre ce que nous imaginons être possible par la technologie (Terminator et autres fantasmes) et ce que la technologie produit réellement (reconnaissance faciale, impression 3D et automatisation).

‘Comprendre, s’approprier et gérer le changement – la Conférence de Montréal apporte une ouverture intellectuelle nécessaire aux leaders d’aujourd’hui.’

En finance également, des idées nouvelles invitent à la réflexion. On apprend que des entreprises listées en bourses, celles qui ont des actifs intangibles (propriété intellectuelle, patentes et brevets, idées, données, expertise, connaissance, etc.), représentent 91% du marché boursier depuis 2018 alors qu’elles ne représentaient que 17% en 1975. Un fait parallèle au fait que les géants boursiers d’aujourd’hui sont des entreprises qui contrôlent les données de la demande (Facebook, Apple, Amazon, etc.) plutôt que l’offre.

En politique, le ministre des finances du Canada, W. F. Morneau, nous a épargné la langue de bois pour nous donner un discours clair et précis qui a souligné la vision libérale du pays, un discours approprié au contexte pré-électoral sans tomber dans l’harangue partisane.

Comprendre, s’approprier et gérer le changement – la Conférence de Montréal apporte une ouverture intellectuelle nécessaire aux leaders d’aujourd’hui.

Images d’entête courtoisie de la Conférence de Montréal

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Jean-Luc Burlone – WestmountMag.ca

Jean-Luc Burlone, Ms. Sc. Economie, FCSI (1996)
Un portefeuille d’experts financiers
Analyse économique et Stratégie financière
jlb@jlburlone.com Linkedin


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