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L’industrie agricole et
l’étiquetage des aliments

Le Guide alimentaire canadien doit être libre de toute influence économique, culturelle et politique

Par Georges Dupras

9 août 2022

Il n’y a pas si longtemps, en août 2019, j’ai soumis un article au WestmountMag intitulé, Le Guide alimentaire canadien selon Andrew Scheer. Mes commentaires visaient le Parti conservateur pour avoir pris le parti de l’industrie laitière contre l’avis des professionnels de la santé. Dans cette affaire, l’industrie laitière s’est opposée à une décision prise par les professionnels de la santé du Guide alimentaire canadien. Cela s’est produit lorsque ces derniers ont choisi l’eau, comme boisson de choix par rapport au lait, pour l’inclure dans le Guide alimentaire canadien,

Une fois de plus, la grande industrie agricole, en l’occurrence l’industrie bovine, a décidé qu’elle était mieux qualifiée pour juger des questions de santé que les personnes formées en nutrition.

Dispense de l’industrie bovine

Une fois de plus, nous voyons que la grande agriculture, en l’occurrence l’industrie bovine, a décidé qu’elle était mieux qualifiée pour les questions de santé que les personnes formées dans le domaine de la nutrition. Un groupe d’éleveurs a activement contesté la crédibilité des diététiciens du Guide alimentaire canadien (censé être indépendant) lorsqu’ils ont réussi à faire pression sur eux pour exclure le bœuf d’une nouvelle norme d’étiquetage. Ce nouvel étiquetage confirmerait que les aliments contenant 15 % ou plus de graisses ou de sodium sont étiquetés comme ne répondant pas aux normes de Santé Canada. Cela aurait eu un impact considérable sur les ventes de bœuf transformé canadien.

La vérité dans la publicité

Quelle que soit la position de chacun sur les exploitations d’élevage concentré d’animaux, les aliments génétiquement modifiés et l’amélioration des espèces, l’étiquetage doit être clair dans l’intérêt du consommateur. Le Guide alimentaire canadien, entre autres, devrait être libre de toute influence économique, culturelle et politique. Or, cela ne semble pas être la situation réelle.

Guidé par la science et rien que la science

Sur la question des pandémies, et du COVID-19 en particulier, notre Premier ministre a affirmé que son gouvernement soutient la science. Au fil des ans, et malgré les assurances contraires, notre gouvernement semble cependant favoriser une approche plus politique sur toute une série d’autres questions environnementales, en particulier celles qui présentent de forts intérêts économiques.

‘Les gens ont le droit de connaître la véritable nature des aliments qu’ils mangent et des produits qu’ils consomment. L’industrie a la responsabilité de s’adapter au changement et de montrer la voie à suivre.’

Il n’est pas dans notre intérêt de rester les bras croisés pendant que les normes professionnelles sont politisées dans l’intérêt des entreprises. Les Canadiens doivent insister pour que nos gouvernements respectent ou surpassent tous les autres contrôles, et pour que la science travaille dans notre intérêt environnemental à long terme et pas seulement pour répondre à une finalité corporative.

Les gens ont le droit de connaître la véritable nature des aliments qu’ils mangent et des produits qu’ils consomment. L’industrie a la responsabilité de s’adapter au changement et de montrer la voie à suivre.

Image d’entête: Mark Stebnicki, pexels.com

Button Sign up to newsletter – WestmountMag.caÀ lire aussi : autres articles par Georges R. Dupras


Georges Dupras

Georges R. Dupras se fait le champion et le défenseur des animaux depuis plus de 50 ans. Il est membre de l’International Association for Bear Research and Management (IBA), un directeur de l’Alliance pour les animaux du Canada (AAC), le représentant du Québec de Zoocheck Canada, et un ancien directeur de la Société canadienne pour la prévention de la cruauté envers les animaux (CSPCA). En 1966, il s’est impliqué dans la campagne initiale pour sauver les phoques qui a mené à la fondation de l’International Fund for Animal Welfare (IFAW) en 1969. Il a publié deux livres : Values in Conflict et Ethics, A Human Condition. Georges demeure à Montréal, Québec, Canada.



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