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Quand l’humeur d’un leader
définit le moral de l’équipe

Les gens prennent leurs repères à partir de l’état d’esprit du chef

Par Angela Civitella

Précédemment publié le 25 octobre 2017

Des recherches approfondies effectuées sur le rendement des employés confirment qu’il existe une corrélation directe entre les deux.

Le dicton « Noblesse oblige – en bref, le privilège entraine le devoir – explique qu’avoir richesse, pouvoir et prestige va de pair avec certaines responsabilités sociales. Le privilège de diriger une équipe est associé à la responsabilité de gérer son humeur et son moral qui, en raison d’un agenda chargé, souvent ne reçoivent pas toute l’attention ou la reconnaissance méritées.

On excuse souvent les sautes d’humeur d’un leader comme étant passagères, un moment d’emportement incongru chez une personne normalement raisonnée. On finit souvent par accepter ces frasques et à les voir comme faisant partie de l’environnement normal de travail qui ne nuit pas à la productivité. Les faits cependant prouvent le contraire et l’aspect néfaste d’un tel comportement est évident à terme.

… jusqu’à 30 % des résultats financiers d’une entreprise… sont déterminés par le climat qui règne au sein de l’équipe.

Un article du Harvard Business Review intitulé Leadership That Gets Results (le leadership qui obtient des résultats) de Daniel Goleman, cite des recherches qui montrent que jusqu’à 30 % des résultats financiers d’une entreprise (tels que mesurés par les indicateurs de performance clés : croissance de revenu, retour sur ventes, efficacité et rentabilité) sont déterminés par le climat qui règne au sein de l’équipe.

Et quel est le principal facteur qui altère le climat d’une organisation ? Le leader, dont l’humeur peut déterminer le climat de travail et en retour affecter la productivité et le niveau d’engagement des autres membres de l’équipe.  Dans Primal Leadership: Realizing the Power of Emotional Intelligence (Leadership au premier degré : se rendre compte de la puissance de l’intelligence émotionnelle), Goleman révèle qu’environ 50 à 70 % des employés pensent que le climat qui règne dans leur organisation est directement attribuable aux actions et aux comportement du chef.

Éloges ou désapprobation

Combien de fois avez-vous quitté le bureau, un vendredi après-midi, avec un grand sourire sur votre visage parce que votre patron vous a félicité simplement pour avoir fait du bon travail ce jour là ou durant la semaine. Tout au long du week-end, vous avez hâte de rentrer au bureau le lundi matin avec encore plus d’enthousiasme. Le lundi matin, vous ressentez un regain d’énergie et un désir intense de contribuer vos talents, ce qui entraine une hausse de votre productivité au travail.

‘… environ 50 à 70 % des employés d’entreprises pensent que le climat qui règne dans leur organisation est directement attribuable aux actions et aux comportement du chef.’

Qu’en est-il du contraire, lorsque votre patron désapprouve quelque chose que vous avez fait et vous le fait savoir de façon évidente? C’est ce que Susan Scott, dans Conversations féroce : réalisation de succès au travail et dans la vie, une Conversation à la fois, appelle ‘Le réveil émotionnel’. C’est ce qui reste avec vous après avoir été le récipiendaire de certaines remarques âcres d’un chef d’entreprise s’exprimant de façon négative. Comment pouvez-vous garder votre détermination à gérer un projet et rester pleinement engagé dans le processus, et vouloir continuer à donner à cette personne le meilleur de vous-même ?

Conséquences d’un environnement toxique

Il y a énormément d’ouvrages écrits sur le leadership qui confirment l’impact et les conséquences pour l’entreprise de l’état d’esprit d’un leader sur son équipe. Dans une de ces études, ayant comme sujet 62 chefs d’entreprise qui avaient démontré plus d’optimisme, d’énergie et d’enthousiasme envers leur l’équipe, le taux de collaboration et les résultats financiers se sont accrus de façon importante pour l’entreprise.

‘… pour les chefs d’entreprise qui avaient démontré plus d’optimisme, d’énergie et d’enthousiasme envers leur l’équipe, le taux de collaboration et les résultats financiers se sont accrus de façon importante pour l’entreprise.’

L’impact de l’état d’esprit d’un leader est très évident en particulier dans le secteur des services à la clientèle. Si les employés n’ont pas une motivation positive pour servir leurs clients, il pourrait y avoir un impact négatif réel sur les affaires. En révisant une multitude d’études impliquant 53 responsables des ventes dans des magasins de vente au détail ayant entre quatre et neuf employés, on a constaté que lorsque les gestionnaires étaient d’humeur optimiste et positive, cela se reflétait sur le personnel de façon positive, et résultait en une augmentation des ventes.

Lorsqu’on observe le phénomène de plus près, on peut voir clairement qu’une disposition négative d’un chef d’entreprise est une source de contagion émotionnelle qui se propage par la suite à tous les individus, qu’ils soient autonome ou travaillent au sein d’une équipe intégrée. N’oublions pas que les gens prennent leurs repères selon l’état d’esprit de leur leader.

Incohérent signifie imprévisible

Nous pourrions alléguer que la mauvaise humeur occasionnelle, la diatribe occasionnelle et se lever du mauvais pied sont des comportements admissibles. Souvent, nous excusons ce type de comportement avec des déclarations telles que : « Parfois elle ne peut pas contrôler son tempérament, mais elle est tellement géniale », ou « il a un tempérament plutôt calme mais il a tendance à s’exprimer en criant quand il est stressé. »

Nous avons tendance à vouloir excuser quelqu’un qui démontre par ailleurs une grande intelligence ou qui gère des dossiers lourds, mais en fait rien ne devrait excuser un mauvais comportement car cela relève de l’incohérence, un trait de caractère indésirable chez n’importe quel chef. Nous voulons que nos leaders soient prévisibles parce que cela nous rend confortables et nous fait sentir en sécurité. La prévisibilité engendre la confiance et un leader qui se révèle imprévisible provoque de l’anxiété et dans certains cas de la crainte, ce qui affecte évidemment la performance et la productivité du groupe.Nous avons tendance à vouloir excuser quelqu’un qui démontre par ailleurs une grande intelligence ou qui gère des dossiers lourds, mais en fait rien ne devrait excuser un mauvais comportement car cela relève de l’incohérence, un trait de caractère indésirable chez n’importe quel chef. Nous voulons que nos leaders soient prévisibles parce que cela nous rend confortables et nous fait sentir en sécurité. La prévisibilité engendre la confiance et un leader qui se révèle imprévisible provoque de l’anxiété et dans certains cas de la crainte, ce qui affecte évidemment la performance et la productivité du groupe.

Nous avons tendance à vouloir excuser quelqu’un qui démontre par ailleurs une grande intelligence ou qui gère des dossiers lourds, mais en fait rien ne devrait excuser un mauvais comportement.

Bien sûr, aucun dirigeant ne commence sa journée avec l’intention de répandre la mauvaise humeur autour de lui, mais une multitude d’imprévus peuvent se produire au courant d’une journée et mener à des sautes d’humeur. Pour être clair, nous ne préconisons pas que les dirigeants se transforment en sphinx inscrutable, avec un sourire faux et une fausse gaieté. De toute façon il est facile de percevoir si un sourire est authentique, et ceux qui interagissent avec le chef sont très habiles à détecter si un leader est authentique ou non.

Quelle est la juste mesure émotionnelle ?

Il n’y a pas de solutions simples pour gérer les émotions, car les dirigeants doivent souvent fonctionner dans des circonstances difficiles et prendre des décisions complexes. Cependant, nous pouvons tirer quelques conclusions d’un autre article du Harvard Business Review intitulé Primal Leadership: The Hidden Driver of Great Performance. Tout d’abord, il est important de noter que l’humeur d’un leader a le plus d’impact sur les performances lorsque celui-ci est optimiste. Mais son comportement doit être en harmonie avec son entourage.

‘Les cadres les plus efficaces adaptent leur humeur selon la situation, avec une bonne dose d’optimisme en réserve.’

C’est ce qu’on appelle la dynamique par résonance. La bonne humeur galvanise les bonnes performances. Les cadres les plus efficaces adaptent leur humeur selon la situation, avec une bonne dose d’optimisme en réserve. Ils respectent les émotions des membre de leur équipe, même si elles sont maussades. Un bon chef d’équipe se distingue en ayant de humour et l’espoir que les choses vont bien tourner. Les mots clés de ce dispositif sont optimisme, espoir et humour. Comme il a été dit plus d’une fois, les dirigeants sont des négociants en espoir.

Étapes en vue d’améliorer les performances

Alors, quelles sont les recommandations spécifiques à tirer de cette analyse? Puisque l’humeur et le comportement affecte les performances, quels sont les comportements de leadership cohérents et émotionnellement intelligents qu’il faut adopter afin d’assurer son propre succès et celui des autres ? Voici quelques suggestions qui peuvent améliorer les performances d’une équipe :

  • Viser à instaurer une ambiance calme et détendue et une approche cohérent et positive.
  • Trouver le potentiel de chacune des personnes qui vous entourent et leur faire prendre conscience de leurs capacités exceptionnelles.
  • Bien comprendre l’atmosphère émotionnelle qui vous entoure, et comment les gens réagissent quand vous êtes présent. Ya-t-il un changement d’atmosphère lorsque vous êtes absent ? Essayez de poser cette question à un acolyte fiable.
  • Ëtre agréable, coopératif et facile d’approche. Il est presque impossible d’avoir une présence exécutive sans démontrer ces qualités.
  • Séduire émotionnellement en adoptant un ton qui engage et qui inspire les autres.

Si vous grincer des dents à la notion d’expression d’émotions en milieu de travail, y compris celle de parler d’empathie et de compassion, d’intuition ou de discussions à propos d’intelligence émotionnelle, je vous encourage fortement à reconsidérer votre état d’esprit. Développez votre capacité intuitive et écoutez votre intuition qui vous dit que votre comportement et vos actions dans des moments difficiles peuvent provoquer des réactions importantes dans l’équipe qui vous entoure. L’intuition est un outil précieux. Einstein l’a bien compris : « L’esprit intuitif est un don sacré et le mental rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et qui a oublié le don. »

Image: Gage Skidmore via StockPholio.net

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Angela Civitella - WestmountMag.ca

Angela Civitella, coach certifiée en gestion en gestion des affaires, avec plus de 20 ans d’expérience en tant que négociatrice, stratège et solutionneuse de problèmes, crée des synergies solides et durables avec ceux et celles qui cherchent à améliorer leurs compétences en leadership et en consolidation d’équipe. Vous pouvez rejoindre Angela au 514 254-2400 • linkedin.com/in/angelacivitella/ • intinde.com@intinde

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