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Phyllis Lambert, 75 ans au travail

L’exposition présentée par le CCA retrace l’évolution de ses idées et de son travail architectural, curatorial et éditorial.

Via v2com

Le Centre Canadien d’Architecture (CCA) présente Phyllis Lambert : 75 ans au travail, une rétrospective qui met en relief sa profonde implication en ce qui a trait aux problématiques de la ville, l’environnement bâti et la recherche intellectuelle. A l’affiche du 18 janvier au 4 juin 2017 dans les vitrines du hall du CCA, cette exposition retrace l’évolution de ses idées et de son travail architectural, curatorial et éditorial, à partir de pièces tirées de la collection et des archives institutionnelles du CCA, ainsi que du Fonds Phyllis Lambert.

Phyllis Lambert, David Sharpe, Myron Goldsmith, Jin Hwan Kim et un étudiant non identifié, cours-atelier de maîtrise, Crown Hall, Illinois Institute of Technology (IIT), vers 1961. Crédit photo : Fonds Phyllis Lambert, CCA

Phyllis Lambert, David Sharpe, Myron Goldsmith, Jin Hwan Kim et un étudiant non identifié, cours-atelier de maîtrise, Crown Hall, Illinois Institute of Technology (IIT), vers 1961. Crédit photo : Fonds Phyllis Lambert, CCA

Phyllis Lambert, commissaire de l’exposition, met en lumière de façon chronologique les grands chapitres et réalisations de son existence : ses débuts, l’édifice Seagram, ses études à l’École d’architecture et premiers pas dans le métier, le projet du Centre Saidye Bronfman, ses missions photographiques, ses projets de conservation et de restauration à Montréal, mais également ceux à l’étranger, qui ont tous mené à la création du CCA. Les œuvres présentées feront découvrir, à travers des études de cas, le radicalisme de Phyllis Lambert, une constance chez elle.

Phyllis Lambert (née le 24 janvier 1927 à Montréal) est architecte, auteure, chercheuse et militante. Elle est directeur fondateur émérite et précédemment président-directeur général du Centre Canadien d’Architecture (CCA) qu’elle a fondé à Montréal en 1979.

Reconnue mondialement en tant qu’architecte, auteure, chercheuse, conférencière, commissaire, critique d’architecture, protectrice du patrimoine, citoyenne engagée, militante et fondatrice du CCA, Phyllis Lambert n’aura de cesse de revendiquer qu’il est important de « bâtir un édifice qui témoigne des meilleures aspirations de notre société ».

Ezra Stoller. Seagram Building, Mies van der Rohe et Philip Johnson, architectes; Kahn et Jacobs, architectes associés; Phyllis Lambert, directrice de la planification. Vue du nord-ouest au crépuscule, 375 Park Avenue, New York, 1958. Épreuve argentique à la gélatine. Crédit photo : CCA

Seagram Building, Mies van der Rohe et Philip Johnson, architectes; Crédit photo : CCA

Lors de la 14e exposition d’architecture internationale de la Biennale de Venise en 2014, rappelons que Phyllis Lambert s’était vu décerner un Lion d’or d’honneur couronnant l’œuvre d’une vie. Paolo Baratta, président du jury, lui avait rendu un vibrant hommage à cette occasion : « Phyllis Lambert a apporté une contribution majeure à l’architecture. Sans sa participation, l’une des rares réalisations architecturales du XXe siècle que l’on puisse qualifier de perfection sur terre – le Seagram Building de New York – ne se serait jamais matérialisée. La création du Centre Canadien d’Architecture à Montréal dans le but de préserver des épisodes cruciaux du patrimoine architectural et de les étudier dans des conditions idéales dénote chez elle une vision d’exception alliée à une générosité peu commune. » Rem Koolhaas, qui dirigeait le jury,  avait ajouté : « Les architectes font de l’architecture; Phyllis Lambert a fait des architectes. »

 

Phyllis Lambert : 75 ans au travail succède à l’exposition Bon anniversaire, qui, présentée en 2007, célébrait également le caractère et la vision de Phyllis Lambert à travers une sélection d’objets uniques et insolites provenant de la collection du CCA. Ces deux expositions prouvent à quel point sa trajectoire de vie est exceptionnelle, marquée par de nombreux prix et distinctions en hommage à ses contributions dans les domaines de l’architecture, de la conservation du patrimoine bâti et de la philanthropie.

Notes biographiques 

Phyllis Lambert (née le 24 janvier 1927 à Montréal) est architecte, auteure, chercheuse et militante. Elle est directeur fondateur émérite et précédemment président-directeur général du Centre Canadien d’Architecture (CCA) qu’elle a fondé à Montréal en 1979.

Mme Lambert a marqué l’histoire de l’architecture alors qu’elle était directeur de la planification du Seagram Building à New York (1954 à 1958). Très active dans l’avancement de l’architecture contemporaine et dans la conservation du patrimoine en tenant compte des enjeux sociaux, Phyllis Lambert a fondé Héritage Montréal en 1975. En 1979, elle a joué un rôle déterminant dans la création de la Société d’amélioration de Milton-Parc, le plus important projet de rénovation de coopératives d’habitation au Canada. En 1996, elle a créé le Fonds d’Investissement de Montréal (FIM), le seul fonds d’investissement privé du pays ayant participé à la revitalisation de quartiers à revenus faibles ou moyens.

Richard Nickel. Extérieur du Centre Saidye Bronfman en soirée, 1968. Phyllis Lambert, architecte. Épreuve argentique à la gélatine Crédit photo : Fonds Phyllis Lambert, CCA.

Centre Saidye Bronfman en soirée, 1968. Phyllis Lambert, architecte. Crédit photo : Fonds Phyllis Lambert, CCA.

Pendant 23 ans, Mme Lambert a été membre du conseil d’administration de la Société du Vieux-Port, où elle a fait de la consultation publique un instrument de planification. À l’origine d’une table ronde en 2005, point de départ de la revitalisation de centre-ville Ouest de Montréal, Mme Lambert continue, fidèle à ses convictions, à façonner la ville en présidant l’Institut de politiques alternatives de Montréal (IPAM). Lors de la Biennale d’architecture de Venise en 2014, Phyllis Lambert s’est vu décerner le Lion d’or d’honneur couronnant l’œuvre d’une vie, récompensant son engagement tenace pour la mise en valeur du rôle de l’architecture dans la sphère publique, du Seagram au CCA. En 2016, la fondation Wolf d’Israël a remis à Mme Lambert le prix Wolf en art pour ses 60 ans de militantisme et d’innovation dans la conception architecturale et la préservation des bâtiments patrimoniaux, autant de décennies passées à redynamiser la profession d’architecte et la recherche en architecture, et à y insuffler le questionnement intellectuel et la critique politique. L’an dernier, elle a aussi reçu l’Arnold W. Brunner Memorial Prize 2016 de l’Académie américaine des arts et lettres de New York.

Le CCA 

Le CCA est un centre international de recherche et un musée créé en 1979 avec la conviction que l’architecture est d’intérêt public. Fort de ses vastes collections, le CCA est un chef de file dans l’avancement du savoir, de la connaissance et de l’enrichissement des idées et des débats sur l’architecture, son histoire, sa théorie, sa pratique, ainsi que son rôle dans la société.



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