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Lieux de Westmount / 5

Les anecdotes derrière le familier

Par Michael Walsh
Traduit de l’anglais

Les marcheurs sont des «praticiens de la ville» pour qui l’environnement urbain est conçu afin d’être parcouru. Une ville est comme un language, un recueil de possibilités, et la marche est l’expression de cette langue, l’acte de choisir à partir de ces possibilités. Tout comme la langue restreint ce qui peut être dit, l’arrangement architectural limite où l’on peut déambuler, mais le marcheur peut inventer d’autres chemins de passage.

Rebecca Solnit — Wanderlust: A History of Walking

On pourrait écrire un livre volumineux avec les anecdotes des endroits de Westmount. Fabricants, tailleurs, agents maritimes et propriétaires d’usines ne sont que quelques-unes des fonctions exercées par les personnes qui ont élu domicile à Westmount. En outre, on y trouve aussi des plaques commémoratives, presque oubliées, rappelant les événements importants qui ont eu lieu dans notre ville.

Les anecdoctes qui suivent ont été compilées sur une période de neuf mois, un peu comme un journal intime, en marchant à travers Westmount, afin de profiter de la beauté architecturale des résidences qui bordent ses rues.

21 Edgehill, Westmount - Les anciens terrains du Domaine Campbell21 Edgehill
Les anciens terrains du Domaine Campbell.
La ville a acheté, en 1968, le terrain comprenant un magnifique jardin qui était à l’époque une attraction touristique trés populaire. Des autocars bondés de visiteurs venus voir la pagode japonaise et la collection de fleurs et d’arbustes, recueillie au fil des ans par la famille Campbell, obstruaient souvent la rue. En 1978, la municipalité ne pouvant plus justifier le coût annuel de l’entretien du jardin a vendu le terrain à des promoteurs privés.

96 Columbia
Résidence de T. M. Todd, gestionnaire de la compagnie maritime Allan Line (1899).

96 Columbia, WestmountSelon l’encyclopédie canadienne, « La compagnie Allan est une société de transport maritime écossaise-canadienne fondée par le capitaine Alexander Allan (1780-1854) qui, en 1819, se rend de Greenock, en Écosse, jusqu’à Québec sur son brigantin Jean, qu’il vient d’acquérir. En 1826, le deuxième fils du capitaine, Hugh Allan, se rend à Montréal où il crée une entreprise de transport maritime prospère. En 1839, son frère cadet, Andrew, vient le rejoindre. Deux autres de leurs frères établissent des bureaux à Greenock et à Liverpool. En 1854, le consortium Allan incorpore la Montreal Ocean Steamship Company qui se voit adjuger, en 1856, le contrat pour le transport postal gouvernemental de Montréal à Liverpool.

Bénéficiant de conceptions et de techniques innovatrices, les navires de la société Allan se multiplient sur l’Atlantique et sur les autres routes commerciales. Le premier paquebot en acier à parcourir l’Atlantique, en 1880, est le Buenos Ayrean de la compagnie Allan. Après le tournant du siècle, la compagnie a de la difficulté à financer de nouveaux navires et elle est vendue à la Canadian Pacific Steamships Ltd. en 1909. » (Bibliothèque et Archives Canada/C-26668).

Plaque commémorative installée en 1937, Westmount

 

Parc King George
En grande partie négligée et oubliée, cette plaque commémorative fut installée en 1937, lors de l’inauguration du parc. Elle est située au sud des cinq chênes qu’on y trouve actuellement.

 

 

 

 

60 Rosemont, Westmount

 

 

60 Rosemount
Résidence de George A. Kohl, B. & S. H. Thompson (1900) – quincaillier au détail, spécialisé dans l’importation d’acier américain. La société a été fondée en 1790 à Birmingham en Angleterre par la famille Chance.

 

10 Rosemount, Westmount10 Rosemount
Ancien site de la maison de Charles A. Cantin – constructeur de navire (1900).
« Le constructeur naval Augustin Cantin a mis en place son premier chantier en 1841 à l’entrée du Canal de Lachine dans le port de Montréal. Mais malgré le nombre de commandes placées, Cantin fit néanmoins faillite en 1843. Étant un homme plein de ressources, Cantin démarra un nouveau chantier naval à Saint-Cunégonde en 1846. À partir de ce moment, il fut en mesure de construire et de réparer tous les types de navires, de la mise en chantier jusqu’au lancement. Sa formule se révéla être un succès puisque, de 1846 à 1855, la Montreal Marine Works a construit plus de 70 navires, dont sept bateauxt à vapeur. » (tiré du livre : Le Canal de Lachine: Du tumulte des flots à l’essor industriel et urbain, Alain Gelly et Yvon Desloges, aux éditions du Septentrion).

484 rue Elm, Westmount484 Elm
Résidence de John Ogilvie – James Ogilvie et Fils (1899)

En 1872, John Ogilvie explore le territoire du Dakota et achète la première parcelle de blé dur de printemps afin de l’expédier dans l’est du Canada. Les 800 boisseaux s’avèrent être de très bonne qualité. Le succès de cette expérience conduit les Ogilvies à promouvoir la culture du blé dur dans l’Ouest canadien. Pendant dix ans, John Ogilvie reste un visionnaire solitaire du potentiel de grenier à blé que sont les Prairies canadiennes. En 1881, un établissement est construit à Winnipeg et le premier élévateur à grain au Manitoba est inauguré à Gretna. Il s’agit d’un risque calculé car l’arrivée de la première cargaison de blé dur en provenance du Manitoba expédié en Grande-Bretagne a été un franc succès. Les premiers tests sur le blé produit au Manitoba confirment qu’il s’agit d’un grain de première qualité.

La première exportation de blé de l’Ouest canadien a lieu en 1885 lorsque les Ogilvies envoient une petite cargaison du moulin de Winnipeg en Écosse. La société reçoit une commande impressionnante de l’armée britannique pour une livraison valant un demi-million de dollars et qui dépasse largement les stock disponibles de la société, mais c’est un signe avant-coureur du potentiel économique de la culture du blé dans l’Ouest canadien. En 1887, les Ogilvies possèdent deux millions de boisseaux de blé dans leurs élevateurs à grain au Manitoba, incitant les concurrents à se plaindre que la compagnie tente de s’accaparer le marché. L’avenir est si prometteur que même la mort subite de John Ogilvie en 1888 n’arrive pas à freiner l’expansion vers l’ouest. Le 30 mai 1902, les exécuteurs testamentaires de William Watson Ogilvie vendent les moulins à farine et soixante-dix silos de collecte à une organisation canadienne. (sources : Université du Manitoba, bibliothèques, Ogilvie Flour Mills).

450 Elm, Westmount450 Elm
Résidence d’Alonzo C. Matthews, directeur, R. G. Dun & Co. (1899)
« Fondée en 1841 par Lewis Tappan, la société Mercantile Agency – plus tard connue sous l’appellation R.G. Dun & Company – a été la première agence prospère d’évaluation du crédit commercial en Amérique. La société a été une pionnière de la nouvelle industrie de l’information de crédit, un outil important dans le développement du commerce américain au cours du 19ème siècle. Dun & Bradstreet fut le résultat de la fusion de R. G. Dun & Company et de son principal concurrent, J. M. Bradstreet & Company en 1933. L’entreprise a continué à innover dans l’information commerciale tout au long du 20e siècle et par la suite  » (source : Harvard Business School, Baker Library, R.G. Dun & Co. / Dun & Bradstreet Collections).

367 Elm
Résidence de Randolph Hersey – Pillow Hersey Manufacturing Company (1899)

367 Elm, Westmount« La société Montreal Rolling Mills avait acquis la firme Pillow-Hersey Manufacturing Company en 1903, sept ans avant leur fusion. Pillow-Hersey succédait aux entreprises Mansfield Holland, fondée en 1856, et City Nail and Spike Works, fondée en 1839, afin de poursuivre les activités de l’usine à clou de coupe établie à Montréal par John Bigelow dans les années 1790. La Montréal Rolling Mills Company avait elle-même été établie en 1868 pour prendre en charge les affaires de la société Morland, Watson & Company, fondée dans les années 1850. La firme fait aujourd’hui partie de la Notre Dame Works, la plus grande des quatre usines de Stelco dans la région de Montréal. » (source : University of Western Ontario, Canadian Company Information).

4150 Sherbrooke O., Westmount4150 Sherbrooke
Cette oeuvre d’art a une histoire intéressante. Elle est intitulée Érotisme, une création du sculpteur Armand Vaillancourt (1983-1986). L’œuvre avait une apparence tout à fait différente quand elle a été initialement installée. En raison de la réaction de quelques résidents face à sa représentation de nudité frontale, M. Vaillancourt a dû retourner à son atelier d’art afin de couvrir les parties génitales en cause.

 

Jardins Queen Elizabeth - plaque commémorative

 

Les jardins Queen Elizabeth
Une plaque commémorative dans le parc explique l’origine du nom des jardins Queen Elizabeth. Une rangée d’érables a été plantée par la municipalité, le 2 juin 1953, pour commémorer le couronnement de la reine Elizabeth II.

 

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Avenue Greene
Il est toujours intéressant de trouver d’anciennes enseignes calligraphiées qui n’ont pas été recouvertes par plusieurs couches de peinture au cours des ans. Celle-ci est située sur un bâtiment, dans la ruelle derrière l’avenue Greene.

 

 

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Rue Olivier
Site des anciennes écuries J. J. McManus & Abbott, service de calèche-taxi (1899).

L’endroit est maintenant un espace vert en face de la station électrique de la ville. Tiré d’une publicité du Westmount News datée du 20 septembre 1812 : « Abbott Cab, service de taxis disponible à toute heure au tarif régulier. Écuries entièrement sanitaires. Nos chevaux reçoivent les meilleurs soins prodigués par des palefreniers expérimentés. »

147 clandeboye westmountmag.ca147 Clandeboye
Résidence du capitaine John A. McMaster (1899).

Son fils Andrew Ross McMaster, élu à l’Assemblée législative du Québec, a été le trésorier de la province dans le cabinet de Louis-Alexandre Taschereau. La résidence a été conçue par David Robertson Brown. Brown et son associé Vallance ont construit, entre autres bâtiments, l’Hôpital pour enfants Memorial (1907) à Montréal et le bâtiment médical de l’Université McGill (1910).

55 clandeboye westmountmag.ca55 Clandeboye
Résidence d’Alexander McLeod – H. Shorey & Co., tailleurs (1899).
« H. Shorey & Co. était le plus grand manufacturier de vêtements au Canada et vendait à travers le Dominion, ainsi qu’à Terre-Neuve et aux Antilles. La compagnie occupait un grand bâtiment de six étages à l’angle des rues Notre-Dame et Saint-Henri, où 125 tailleurs ont produit des vêtements pour 1500 travailleurs. Mais l’entreprise s’avéra n’être qu’un témoignage envers les qualités d’entrepreneur et les compétences de Shorey plutôt qu’une société de fabrication moderne et elle cessa d’exister au début des années 1900. » (Bibliographie canadienne).

44 academy westmountmag.ca44 Academy – Les appartements Academy
Une des portes des anciens appartements Academy, construits en 1921 en tant qu’hôtel résidentiel.
« Construit selon un plan d’hôtel résidentiel et devant contenir cinquante-deux appartements avec une grande salle de bal au rez-de-chaussée et une cafétéria, le complexe sera exploité par la société au même étage. Un service hôtelier complet sera fourni en plus des services d’appartement résidentiel habituels. Le nouveau bâtiment sera de quatre étages avec un sous-sol. Sa taille sera de 185 par 115 pieds, avec des cours extérieures. Il y aura quatre entrées. » Source : Gazette de Montreal, 12 février 1921

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434 Metcalfe
Une armoirie singulière sur la facade de cette résidence.

 

martin swiss westmountmag.ca

 

 

313 Victoria — Magasin de vélos Martin Swiss
Devanture du magasin Martin Swiss, en façade d’un bâtiment qui était autrefois une auberge. Il y a plusieurs années l’auteur de cet article a eu l’occasion de visiter la maison et a remarqué que les portes de l’ancienne auberge avaient encore leurs numéros en cuivre.

 

112 irvine westmountmag.ca112 Irvine
Résidence de E. A. Cole – Lawrence & Cole, tailleurs marchands (1897).

Les tailleurs marchands sont apparus en tant que guildes en Angleterre, durant la période médiévale, afin de protéger les intérêts de l’industrie du vêtement. Aujourd’hui, les plus importants se retrouvent à Savile Row dans le district de Mayfair, à Londres.

 

4026stecatherine-back_westmountmag4026 Sainte-Catherine
Derrière l’ancien bâtiment de la Packard Motor Car Company of Canada Ltd.

« Dans un cadre qui suggère l’intérieur d’un club confortable plutôt que celui d’une salle d’exposition d’automobiles, on peut admirer les plus récents modèles de la nouvelle usine canadienne d’automobile Packard à Windsor, en Ontario, maintenant exposés au Packard Montreal Motor Company Limited, rue Sainte-Catherine ouest. … Ces voitures sont les meilleurs hommages possibles au savoir faire canadien et marquent une nouvelle ère dans l’industrie automobile canadienne » (source : Gazette de Montréal, 26 octobre 1931).

Lire aussi:
Lieux de Westmount /1
Lieux de Westmount /2
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Images: Michael Walsh


photo: Michael Walsh

Michael Walsh est un résident de longue date de Westmount, et un enseignant supérieur en TI. Mycologue et statisticien de formation, lorsqu’il ne travaille pas, il promène son chien et cherche à transmettre la beauté et l’histoire cachée de Westmount pour l’offrir aux résidents et aux visiteurs à travers son blog Westmount Overlooked.



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