Ne présumez jamais que vos communication sont clairement compris comme vous l’espérez
Par Angela Civitella
Mis à jour le 11 juillet 2026
Dans un monde de réunions à distance, de messages échangés à toute vitesse et d’écrits assistés par l’IA, un seul message flou ou négligé peut être capturé, transféré et amplifié bien au-delà de votre auditoire initial.
Par exemple, si vous envoyez un courriel sans le vérifier et que vous réalisez ensuite qu’il contient une erreur, vous risquez de paraître négligent et peu professionnel. D’autres erreurs de communication peuvent toutefois avoir des conséquences bien plus graves : ternir votre réputation, fâcher des clients ou même entraîner des pertes de revenus.
Dans cet article, nous examinerons 10 erreurs fréquentes en communication et verrons comment les éviter.
Erreur 1 : Ne pas réviser son travail
Les fautes d’orthographe, de ton et de grammaire peuvent donner l’impression que vous êtes négligent. C’est pourquoi il est essentiel de relire toutes vos communications avant de les envoyer.
Ne vous fiez pas uniquement aux correcteurs orthographiques : ils ne détectent pas les mots employés de manière incorrecte. Relisez plutôt votre texte et utilisez des outils comme les correcteurs grammaticaux ou les assistants d’écriture IA pour repérer les problèmes évidents, tout en gardant à l’esprit qu’ils ne saisissent pas pleinement les nuances, le contexte ou le ton ; une relecture humaine reste indispensable.
Demandezr à un collègue de relire les documents importants avant de les diffuser.
Il peut être utile de noter les mots et expressions qui vous posent problème et de conserver cette liste à portée de main. Si vous écrivez souvent sur votre téléphone, prenez un moment supplémentaire pour vérifier l’objet, les noms et les pièces jointes : l’autocorrect et la taille réduite de l’écran rendent certaines erreurs plus probables.
Il peut être difficile de repérer les erreurs dans son propre travail ; songez donc à demander à un collègue de relire les documents importants avant de les diffuser. Vous pouvez aussi lire votre texte à voix haute. Cela facilite la détection des coquilles et des maladresses de ton. Puis accordez-vous un peu de temps pour réfléchir à votre document et apporter les dernières retouches.
Erreur 2 : Annoncer de mauvaises nouvelles par courriel
Annonceriez-vous des mises à pied à votre équipe par courriel ou par messagerie instantanée ? Si vous le faisiez, vous risqueriez de bouleverser tout le monde !
Les canaux écrits ne permettent ni d’adoucir les messages difficiles grâce aux signaux non verbaux (comme le langage corporel), ni de gérer immédiatement des émotions intenses.
Si vous devez transmettre une mauvaise nouvelle, faites-le en personne et réfléchissez soigneusement à la façon de procéder avec sensibilité afin de communiquer votre message tout en minimisant les répercussions à long terme.
Si votre équipe est répartie sur différents lieux, privilégiez une visioconférence ou au moins un appel vocal plutôt que d’annoncer des nouvelles importantes par courriel ou par clavardage ; vous pourrez ainsi mesurer les réactions et y répondre en temps réel.
Lorsque vous délivrez un message difficile en personne, il est plus facile de repérer les signes indiquant que certaines personnes ont mal compris des éléments clés ou qu’elles la prennent particulièrement mal. Vous pouvez alors clarifier votre message ou aider les personnes à faire face à la situation
Erreur 3 : Éviter les conversations difficiles
À un moment ou à un autre, vous devrez donner une rétroaction négative. Il est tentant d’éviter ce type de conversation, mais cela peut engendrer d’autres problèmes – par exemple, un petit problème que vous « laissez passer » peut rapidement prendre de l’ampleur.
Éviter les conversations difficiles est particulièrement risqué avec les équipes éloignées. Le silence est souvent interprété comme une forme d’approbation, ce qui permet à des comportements problématiques ou à des contre-performances de se poursuivre.
La préparation est la clé pour gérer des conversations difficiles. Apprenez à donner une rétroaction claire et concrète, et utilisez des approches qui consistent à évaluer la situation, à comprendre le comportement et à en mesurer l’impact – ces techniques encouragent vos collaborateurs à réfléchir à leurs actions.
‘La préparation est la clé pour gérer les conversations difficiles.’
Vous pouvez aussi faire un jeu de rôle pour répéter la conversation à l’avance, afin de vous sentir à l’aise tant avec vos mots qu’avec votre langage corporel.
Erreur 4 : Manquer d’assertivité
L’assertivité consiste à exprimer vos besoins tout en tenant compte des besoins et attentes des autres. Dans les environnements de travail numériques, les frontières peuvent facilement se brouiller ; être assertif, c’est aussi définir des délais de réponse raisonnables pour les courriels et messages, et savoir dire « non » à des engagements qui surchargent votre emploi du temps ou entrent en conflit avec vos valeurs.
Vous n’obtiendrez pas toujours gain de cause en étant assertif, mais vous aurez plus de chances d’y parvenir – ou de trouver un compromis – parce que vous aurez clairement exprimé vos besoins. Apprenez à refuser certaines demandes avec tact et fermeté, tout en préservant de bonnes relations.
NOTE : L’assertivité n’est pas la même chose que l’agressivité. Quand vous êtes agressif, vous imposez votre point de vue sans tenir compte des droits, des besoins et des attentes des autres.
Erreur 5 : Réagir plutôt que répondre
Vous est-il déjà arrivé de crier sur un collègue sous le coup de la frustration, ou d’envoyer une réponse sèche à un courriel sans avoir pris le temps de réfléchir à ce que vous vouliez vraiment dire ? Si c’est le cas, il est probable que vous ayez réagi émotionnellement plutôt que répondu calmement.
Ce type de réaction émotionnelle peut nuire à votre réputation. Vous risquez de heurter les autres par la force de vos émotions et de donner l’impression que vous manquez de maîtrise de vous-même et d’intelligence émotionnelle.
Avant de répondre dans un fil de discussion tendu ou à un commentaire sur les réseaux sociaux, faites une pause : rédigez votre réponse dans une fenêtre séparée, relisez-la une fois pour en vérifier le ton, puis décidez seulement à ce moment-là si vous devez vraiment l’envoyer.
Erreur 6 : Ne pas se préparer suffisamment
Des présentations, rapports ou courriels mal préparés frustrent votre auditoire et peuvent, avec le temps, nuire à votre réputation. C’est pourquoi il est essentiel de préparer et de planifier soigneusement vos communications.
Commencez par vous accorder du temps pour planifier votre message. Vous devez créer des contenus crédibles, intelligents et convaincants, qui s’adressent autant aux émotions de votre public qu’à son intelligence.
‘ Des présentations, rapports ou courriels mal préparés frustrent votre auditoire et peuvent nuire à votre réputation.’
Prévoyez du temps pour relire vos textes, trouver les images appropriées et vérifier que vos documents sont compatibles avec les logiciels de votre public cible. Puis, si vous devez prononcer un discours ou faire une présentation, répétez afin d’être fluide et inspirant.
Testez vos diapositives et vos supports sur différents appareils et plateformes – ordinateurs, mobiles et outils de visioconférence – pour vous assurer que votre contenu est lisible et accessible à tous.
Erreur 7 : Adopter une approche universelle de communication
Si vous adoptez une approche « taille unique » en communication, vous risquez d’ignorer les différentes personnalités, attentes et besoins des personnes auxquelles vous vous adressez. En réalité, vos communications doivent tenir compte de ces différences autant que possible. Veillez à reconnaître que les gens n’apprennent pas tous de la même manière et adaptez-vous à leurs styles d’apprentissage. Ainsi, chacun – qu’il préfère lire, écouter ou participer de manière plus concrète – pourra tirer parti de votre intervention.
Évitez de diffuser exactement le même message à tous vos contacts : segmentez selon le rôle, la région ou le centre d’intérêt, afin que chacun reçoive une information réellement pertinente.
Erreur 8 : Ne pas garder l’esprit ouvert lors de nouvelles rencontres
Le milieu de travail d’aujourd’hui regroupe une mosaïque de cultures, de religions, d’âges, d’orientations sexuelles, de capacités et de points de vue. Cette diversité crée une riche tapisserie d’expériences et d’opinions qui peut grandement enrichir nos vies. Cependant, il peut être tentant de coller des étiquettes à de nouveaux collègues ou clients, ou de faire des suppositions à leur sujet à partir de quelques indices. C’est particulièrement vrai lorsqu’on n’a pas eu beaucoup de temps pour apprendre à les connaître.
Les suppositions freinent la communication ouverte, car elles vous empêchent de prendre en compte le parcours, la personnalité et l’expérience propres à chaque personne. Avec le temps, cela peut mettre votre relation en péril. Prenez donc le temps d’écouter lorsque vous rencontrez quelqu’un pour la première fois. Laissez-le exprimer ses points de vue et accordez-vous un moment pour les intégrer.
‘Une vraie communication suppose de vérifier que les autres ont compris votre message comme vous l’intendiez.’
La culture intelligence (CQ), concept introduit par Christopher Earley et Soon Ang, décrit notre capacité à nous adapter et à fonctionner efficacement dans des contextes culturels variés. Elle englobe ce que nous savons des autres cultures (CQ cognitif), notre motivation à aller à la rencontre de la différence, notre aptitude à ajuster notre comportement et notre conscience des dynamiques culturelles en temps réel.
Erreur 9 : Présumer que votre message a été compris
Prenez toujours le temps de vérifier que votre message a bien été compris. Par exemple, lorsque vous envoyez un courriel, invitez les destinataires à poser des questions ou à vous répondre s’ils n’ont pas saisi une partie de votre propos. Si vous avez donné une présentation, prévoyez un temps pour que les participants puissent discuter des points principaux ou poser des questions à la fin.
Une vraie communication ne consiste pas seulement à parler clairement ; elle consiste à confirmer que les autres ont interprété votre message comme vous l’aviez prévu. Intégrez des moments de retour, avec des questions comme « Qu’est-ce qui vous semble le plus important ici ? » ou « Comment allez-vous appliquer cela dans votre travail ? », que ce soit en réunion, en clavardage ou dans vos courriels de suivi.
CONSEIL : Pour vérifier que vous avez été bien compris, utilisez des questions ouvertes qui commencent par « comment », « pourquoi » ou « quoi ». Elles favorisent la réflexion et encouragent votre auditoire à expliquer ce qu’il a personnellement retiré de votre communication.
Erreur 10 : Porter atteinte à la vie privée des autres
Vous est-il déjà arrivé de transférer par erreur un courriel sensible à la mauvaise personne ou d’envoyer une pièce jointe incorrecte ? Ce type d’erreur peut avoir de graves conséquences commerciales, porter atteinte à la vie privée des gens et provoquer de la gêne et de la confusion.
Pour éviter ces problèmes, rédigez vos messages sensibles avant de choisir le destinataire, puis vérifiez deux fois l’adresse courriel. Si votre logiciel de messagerie complète automatiquement les adresses, vous pouvez désactiver cette fonction afin de choisir consciemment le bon destinataire.
‘Rédigez vos messages sensibles avant de choisir le destinataire, puis vérifiez l’adresse de courriel. ‘
Il peut être utile de rédiger ces courriels dans un traitement de texte ou dans un courriel vierge, puis de copier le texte dans un nouveau message. Vous éviterez ainsi d’inclure par inadvertance des informations issues de messages précédents. Et si vous envoyez une pièce jointe sensible ou confidentielle, assurez-vous qu’elle ne contient pas de commentaires ni de modifications suivies, et vérifiez que vous envoyez bien la bonne version.
Aujourd’hui, la mauvaise gestion des adresses de courriel et des données personnelles n’est pas seulement embarrassante : elle peut avoir des conséquences au regard des lois modernes relatives à la protection de la vie privée. Transférer des messages sensibles ou des liens sans vérifier les destinataires et les autorisations peut enfreindre des règles de confidentialité ou des politiques internes.
Au Canada, la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE) fixe des exigences quant à la manière dont les organisations recueillent et partagent les renseignements personnels.
Un transfert négligent de courriels sensibles ou de listes de contacts peut donc entraîner des plaintes et nuire à la confiance. Les erreurs d’auto-complétion restent fréquentes, mais les documents partagés dans le nuage et les canaux publics introduisent de nouveaux risques. Des autorisations mal configurées ou la publication d’informations internes sur un canal inapproprié peuvent exposer des données confidentielles à des personnes non autorisées.
Vérifiez toujours qui peut voir un fichier et si le canal choisi correspond bien au niveau de confidentialité requis. Avant de partager, confirmez les accès, relisez les commentaires ou modifications suivis, et utilisez des liens sécurisés, avec permissions contrôlées, pour les documents sensibles.
Points clés
Tout le monde commet des erreurs de communication de temps à autre, mais vous protégerez votre réputation en évitant les plus fréquentes : ne pas réviser vos textes, violer par inadvertance la confidentialité des autres ou manquer d’assertivité lorsque cela compte vraiment. Dans les milieux de travail à distance ou hybrides d’aujourd’hui, les outils numériques et l’IA peuvent amplifier aussi bien les messages clairs et réfléchis que les messages négligés, ce qui fait que l’impact de ce que vous dites – et de la façon dont vous le dites – se propage plus vite et plus loin que jamais.
La clé d’une bonne communication est de réfléchir aux besoins et au contexte de votre public. Préparez chaque courriel, document et présentation avec soin, choisissez le bon canal pour votre message, et accordez-vous le temps de vérifier le ton, la clarté et l’exactitude avant de le partager. Surtout, souvenez-vous que la communication est un processus à deux sens, itératif. Ne vous contentez pas de transmettre de l’information : invitez les questions, écoutez activement et vérifiez la compréhension afin de pouvoir clarifier et ajuster votre message au besoin.
Avec le temps, éviter ces erreurs courantes améliorera considérablement la qualité de vos messages, renforcera votre réputation, approfondira vos relations de travail et augmentera votre satisfaction professionnelle.
Lectures complémentaires
Pour des conseils pratiques sur l’objet, le ton, la structure, la confidentialité et l’usage approprié des champs CC/Cci dans un environnement numérique et de travail à distance destinés aux professionnels.
- Guide pour maîtriser l’art du courriel
Un guide du CSS de Laval sur l’étiquette des courriels : objet, ton, structure, gestion des destinataires, CC/Cci et bonnes pratiques de rédaction.
• - Guide du Barreau de Montréal consacré aux courriels professionnels
Une formulation précise de l’objet, du ton adéquat, du style, de la structure, de la gestion des pièces jointes, des destinataires et de l’insertion du courriel dans le contexte professionnel.
Image: Bruce Mars
Autres articles par Angela Civitella
Autre articles récents
[row cols_nr= »2″ class= »narrow »][col size= »2″]
[/col][col size= »10″]
Angela Civitella, coach certifiée en gestion en gestion des affaires, crée des synergies solides et durables avec ceux et celles qui cherchent à améliorer leurs compétences en leadership et en consolidation d’équipe. linkedin.com/in/angelacivitella/ • intinde.com • @intinde[/col][/row]