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Les filles du soleil
un film d’Eva Husson

Un regard sur l’exil, le déracinement, la lutte pour un idéal et la quête de sens

Affiche : Les Filles du Soleil - Eva Husson – WestmountMag.ca

Sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes en 2018, puis présenté en sélection officielle au Festival de Toronto, ainsi qu’au Festival Cinemania, Les filles du soleil (Girls of the Sun) a reçu le prix La Vague Coup de Cœur du public au FICFA.

Inspiré du bataillon éponyme fondé en Irak en 2015, le film nous plonge dans les combats quotidiens des soldates kurdes et leur lutte contre l’obscurantisme et l’extrémisme de l’État islamique. Le bataillon des « filles du soleil » s’inspire également d’un bataillon du même nom intégré aux peshmergas, les forces armées du Gouvernement régional du Kurdistan irakien (GRK), et constitué en août 2015 de 123 combattantes yézidies âgées de 17 à 30 ans, commandées par Xate Shingali, une ancienne chanteuse.

Inspiré du bataillon éponyme fondé en Irak en 2015, le film nous plonge dans les combats quotidiens des soldates kurdes et leur lutte contre l’obscurantisme et l’extrémisme de l’État islamique.

Synopsis

Au Kurdistan, Bahar, commandante du bataillon Les Filles du Soleil, se prépare à libérer sa ville des mains des hommes en noir, avec l’espoir de retrouver son fils. Une journaliste française, Mathilde, vient couvrir l’offensive et témoigner de l’histoire de ces guerrières d’exception. Depuis que leur vie a basculé, toutes se battent pour la même cause : la femme, la vie, la liberté. Le film s’inspire des massacres de Sinjar, commis par les djihadistes de l’État islamique en août 2014 contre les yézidis, ainsi que de la bataille de Sinjar, du 3 août 2014 au 13 novembre 2015, qui opposa les groupes kurdes aux djihadistes en Irak.

La genèse du projet

Les Filles du soleil est le deuxième long-métrage de la scénariste et réalisatrice Eva Husson après Bang Gang. En 2015, la réalisatrice apprend l’existence de combattantes yézidies, au sein des forces kurdes, qui ont été faites captives et esclaves par l’État islamique lors des massacres de Sinjar. Inspirée par la résistance de ces femmes et mue par le questionnement de la lutte pour un idéal, la cinéaste et scénariste débute l’écriture des Filles du soleil. Le film est tourné en Géorgie en 37 jours, de septembre à novembre 2017.

En tant que petite-fille de soldat républicain espagnol et petite-nièce du chef du parti marxiste républicain POUM en exil, Eva Husson est concernée par la question de la chute des idéaux depuis son adolescence. Quand elle a entendu parler de ces femmes kurdes, elle a décidé de s’intéresser plus précisément au sujet et a découvert l’idéal marxiste-féministe des combattants kurdes, inspiré par le leader politique Öcalan, la lutte pour une terre qui n’est pas assurée, et la lutte contre le fascisme.

Les Filles du Soleil - Eva Husson – WestmountMag.ca

Dans le dossier de presse du film, la réalisatrice précise : « Il y avait un cheminement politique dans le choix de faire ce film. Et puis bien sûr, il y avait autre chose, d’encore plus puissant : l’histoire de femmes combattantes, capturées par des extrémistes, évadées dans des circonstances effroyables et qui finalement s’engagent pour combattre leurs ravisseurs… Il irradiait de cette histoire une force qui me dépassait, qui devait être racontée. Quand j’en ai parlé à ma productrice, elle m’a tout de suite suivie. »

Eva Husson s’est rendue au Kurdistan pendant la guerre; elle y a rencontré toutes les factions kurdes (YPG, YPJ, YBŞ, Peshmergas), s’est rendue sur le front et dans les camps de réfugiés, pour recueillir le témoignage des femmes qui s’étaient échappées, mais aussi celui des combattants et des femmes élues au congrès irakien qui ont monté des réseaux d’exfiltration, des passeurs de ces réseaux. Elle est allée voir celles et ceux qui s’étaient engagées, et le personnage joué par Golshifteh Farahani (Paterson, Noël & Cie) est un personnage composite de ces témoignages. Le personnage de Mathilde, la journaliste française, joué par Emmanuelle Bercot (Mon Roi) s’inspire de la journaliste américaine Marie Colvin, tuée le 22 février 2012 dans un bombardement de l’armée syrienne au cours du siège de Homs, lors de la guerre civile syrienne.

Les Filles du Soleil - Eva Husson – WestmountMag.ca

Un regard de femmes

On a beaucoup parlé de ce film comme d’un « film de femmes » à cause du nombre particulièrement élevé de femmes devant et derrière la caméra. Ce film est réalisé par une femme, Eva Husson, produit par une femme, Didar Domehri, avec une équipe très féminine et un casting presque exclusivement féminin.

« Le terme ‘film de femmes’ me pose un peu problème, et je n’ai jamais parlé de mes films en l’utilisant car je pense qu’il exprime un biais masculin. Une femme expérimente le monde d’une manière différente d’un homme, empiriquement, physiquement et dans son rapport socio-culturel, et cela pose la question sur le sens de cette formule. On n’emploie pas l’expression ‘film d’hommes’ tout simplement parce que la proposition de ce point de vue est abondante. L’histoire du cinéma est faite à 95% d’un regard masculin sur le monde. Si on utilise l’expression ‘film de femmes’, c’est parce qu’il n’y a pas encore assez de regards de femmes dans le cinéma pour en extraire cette universalité. »

Les Filles du soleil (France)

Réalisation et scénario: Eva Husson
Décors : David Bersanetti
Photographie : Mattias Troelstrup
Montage : Emilie Orsini
Musique : Morgan Kibby
Production : Didar Domehri
Durée : 115 minutes

Le film est à l’affiche au Québec depuis le 4 janvier, en version française et en version française avec sous-titres anglais.

Images : TVA Films

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