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Le Théâtre Aux Écuries
lance sa nouvelle saison

Une 15ᵉ saison engagée et profondément ancrée dans la relève et les écritures contemporaines

3 juin 2026

Inauguré en octobre 2011, le Théâtre Aux Écuries s’est imposé en quinze ans comme un véritable incubateur pour les compagnies émergentes et les formes alternatives. Saison après saison, la maison a consolidé son rôle de centre de services, de création et de diffusion, tout en demeurant un théâtre de quartier qui multiplie les rencontres entre artistes et publics.

La saison 2026‑2027 s’inscrit pleinement dans cette histoire. Année anniversaire oblige, elle est traversée par un double mouvement : la fierté du chemin parcouru et l’enthousiasme pour les années à venir. Le Collectif de direction artistique, formé d’artistes issus des compagnies résidentes, y défend un théâtre qui résiste à l’apathie et à l’isolement et qui mise sur la pensée partagée, la joie et l’humanité comme forces motrices.

La saison 2026‑2027 s’inscrit pleinement dans cette histoire. Année anniversaire oblige, elle est traversée par un double mouvement : la fierté du chemin parcouru et l’enthousiasme pour les années à venir.

Une saison sous le signe de la pluralité

Composée de huit spectacles, événements et festivals, la programmation 2026‑2027 revendique une ligne « percutante, poétique et politique ». On y trouve des créations inédites, des œuvres originales, des festivals en accueil et des partenariats avec les écoles de théâtre, dans une volonté claire de refléter la pluralité des formes scéniques qui s’inventent aujourd’hui.

Le collectif parle d’un « besoin criant de se faire percuter par un éclat de lumière, une bonne dose d’intelligence, des preuves tangibles d’humanité ou, tout simplement, de rire ne serait‑ce qu’une seconde ». La saison invite ainsi à embrasser la différence et à penser l’avenir ensemble : lorsque l’individu devient collectivité, force, intelligence, espoir et joie se démultiplient et deviennent autant d’antidotes à la banalisation de la violence.

Marioupol : l’art face à la guerre

Marioupol - Théatre aux Écuries - Saison 2026-2027

Marioupol • Photo: Philippe Ducros

Pour ouvrir la saison, Marioupol, texte de Philippe Ducros mis en scène par Sasha Samar et porté par la compagnie Hôtel‑Motel, nous transporte en Ukraine, en mars 2022. Au cœur d’une ville assiégée devenue symbole de la brutalité de la guerre, la pièce interroge le vertige de l’humain et de l’artiste face à la violence des conflits.

Construit comme un texte fragmenté et choral, le spectacle propose une tentative pudique et poétique de questionner le pouvoir de l’art lorsque tout s’effondre. En réunissant sur scène une distribution issue de divers horizons, Marioupol tend la main à la fois à l’Ukraine et à notre humanité commune, tout en donnant le ton d’une saison où l’engagement politique ne se fait jamais au détriment de la nuance et de la sensibilité.

Prendre la parole, réparer la mémoire

La parole – conquise, empêchée ou silencieuse – constitue un autre fil rouge de la saison. Dans Angle mort, solo de Stéphanie Morin‑Robert, l’artiste retrace son parcours d’acceptation de la différence, de son enfance dans le nord de l’Ontario jusqu’à la mère assumée qu’elle est devenue. La peur y est transformée en force, la vulnérabilité en énergie de vie et la résilience en joie communicative.

Théatre aux Écuries - Saison 2026-2027 - Angle mort - photo: Tristan Brand

Angle mort • Photo: Tristan Brand

À l’autre extrémité du spectre, Les veuves parallèles de Claudine Rivest suit Amanda, restée muette pendant les dix‑huit dernières années de sa vie. Entre réel et imaginaire, la table de la salle à manger se métamorphose en plateau miniature où marionnettes et musique convoquent un portrait de famille où le terrifiant côtoie le banal. Sans recourir à la parole, la pièce interroge la mémoire qui se transmet entre femmes de différentes générations, tout en révélant ce qui se perd, se tait ou se réinvente.

Familles en crise et célébrations déraillées

Théatre aux Écuries - Saison 2026-2027 - Pichichi - photo: Sylvio Arriola

Pichichi • Photo: Sylvio Arriola

L’hiver 2027 s’ouvre avec Pichichi de Mariana Tayler Gomez, une comédie tourbillonnante portée par quatre interprètes. Au cœur de la pièce, Mariana, propulsée dans le tourbillon du mariage de sa cousine, traverse une série de rebondissements qui transforment la fête en épreuve rocambolesque. En filigrane, le spectacle célèbre la résilience et les héritages – culturels, affectifs, familiaux – qui nous construisent, tout en plongeant le public dans le chaos organisé d’une famille latino‑américaine.

En mars, MENAJ de Maryline Chery, porté par le Collectif Théâtral Potomitan, prolonge cette exploration des dynamiques familiales dans une comédie dramatique située au cœur d’une famille haïtienne. Tatie Jo orchestre le mariage de son unique neveu, mais la célébration déraille lorsque les tensions éclatent et que le traiteur annule. Entre éclats de rire, crises et règlements de comptes, les cousines doivent choisir entre sauver la cérémonie ou préserver leur précieuse sororité. Le mariage devient alors le révélateur des enjeux de transmission, du rôle des femmes et de loyautés parfois contradictoires.

Théatre aux Écuries - Saison 2026-2027 - MENAJ - photo: Melissa Vaitilingame

MENAJ – photo: Melissa Vaitilingame

Sans nous : dystopie et entre‑deux mondes

Pour clôturer la saison, le Théâtre I.N.K. présente Sans nous, une nouvelle création signée par Marie Darah et Olivier Sylvestre à l’écriture, et mise en scène par Marilyn Perreault. L’action se déroule dans un vestiaire étrange, lieu d’un entre‑deux‑mondes où le temps paraît suspendu et où se joue une dystopie à la fois sensible et drôle.

Théatre aux Écuries - Saison 2026-2027 - Sans nous - photo: Camille Gladu-Drouin

Sans nous • Photo: Camille Gladu-Drouin

Sans nous explore ce qui se passe en notre absence, lorsque certains corps et certaines voix sont relégués en marge ou effacés du récit collectif. En jouant avec les codes de la science‑fiction et du réalisme décalé, la pièce interroge qui a le droit de rester dans le champ, qui disparaît, et comment l’on peut réinventer un « nous » plus inclusif. En fin de saison, ce spectacle fait écho à plusieurs thèmes de l’année : appartenance, marginalité, violence ordinaire et désir de recomposer le vivre‑ensemble.

Relève, écoles de théâtre et festivals complices

Théatre aux Écuries - Saison 2026-2027

Vous êtes ici – Photo: Marianne Rouche

La saison 2026‑2027 accorde aussi une place importante aux jeunes publics, à la formation et aux rendez‑vous partenaires. En octobre, en semaine scolaire, Léon le nul de Francis Monty, produit par le Théâtre de la Pire Espèce, raconte la vie et les mésaventures d’un enfant harcelé par les autres du quartier, avec un regard à hauteur d’enfant et beaucoup de délicatesse.

Pour une 12ᵉ édition, Vous êtes ici / You are here, porté par La SERRE – arts vivants, investit les espaces du Théâtre Aux Écuries pour une semaine de création et trois soirées déambulatoires. Ce laboratoire vivant rassemble des artistes pluridisciplinaires et offre un panorama joyeux de la création émergente, tout en donnant accès au moment fragile où une parole scénique se cherche et se dévoile. Le théâtre accueillera également plusieurs festivals majeurs : la deuxième édition de LA MÈCHE COURTE en novembre, la 22ᵉ édition du Festival international de Casteliers en mars, la 26ᵉ édition du Jamais Lu au tournant de mai, ainsi que l’OFFTA, manifestation d’avant‑garde créée en marge du Festival TransAmérique et consacrée aux artistes de la relève.

Une billetterie pensée pour l’accessibilité

La politique de billetterie reflète enfin la volonté du Théâtre Aux Écuries de demeurer un lieu accessible. Trois niveaux de prix – régulier, réduit et solidaire – permettent à chacun d’ajuster sa contribution en fonction de ses moyens. Le « Forfait crinqué » offre une réduction intéressante aux spectateurs et spectatrices qui souhaitent voir plusieurs spectacles, tandis qu’un dispositif du type « vendredi, dis ton prix » invite le public à fixer lui‑même le montant de son billet certains soirs.

Les billets peuvent être achetés en ligne, par téléphone ou en personne, sur réservation ou les soirs de représentation. Pour sa 15ᵉ saison, le Théâtre Aux Écuries réaffirme ainsi son ambition : être un lieu où l’on vient autant pour réfléchir et s’émouvoir que pour rire ensemble, et où l’on continue, collectivement, à imaginer la suite.

Image d’entête : Leon le nul • Mathieu Doyon

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