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Le défi de l’engagement :
La responsabilité

Le siège d’un député à la Chambre des communes est-il plus important que son intégrité personnelle?

Par Georges R. Dupras

Le monde est une scène

Lorsque nos jeunes, hommes et femmes, rejoignent les rangs des militaires, ils prennent l’engagement de servir et de protéger notre pays. Cette décision critique pourrait leur coûter la vie. Malheureusement, la mort et les blessures graves font partie du service militaire. Ces braves hommes et femmes doivent être prêts à faire le sacrifice ultime pour leur pays. Sinon, ils ont choisi le mauvais cheminement de carrière.

Les candidats et candidates aux postes politiques prennent eux aussi un engagement qui va au-delà du serment d’allégeance à la Couronne : Ils s’engagent envers le Peuple. À l’occasion, ceci peut constituer un défi pour leurs normes éthiques personnelles. Et, à l’occasion, le candidat peut être en désaccord avec le parti duquel il fait partie. Un exemple de ce genre de conflit : l’Honorable Jody Wilson Raybould et l’Honorable Jane Philpott.

Le coût de l’intégrité

Le siège d’un député à la Chambre des communes est-il plus important que son intégrité personnelle ? Que se passe-t-il si un membre est en désaccord avec le chef de son parti, avec une politique particulière, ou avec une requête qui lui est faite ? Doit-il s’incliner devant la pression du parlementaire chargé de la discipline dans son parti, ou doit-il rester sur ses positions ?

Les candidats et candidates aux postes politiques prennent un engagement qui va au-delà du serment d’allégeance à la Couronne : Ils s’engagent envers le Peuple.

Le député à un choix à faire, combattre l’inévitable, en sachant qu’il perdra, ou abandonner ses croyances dans l’espoir de victoires futures?

Les républicains à la Chambre des représentants aux États-Unis sont confrontés à ce dilemme. Plusieurs d’entre eux ne supportent pas le président Trump, mais ils se sentent liés ou soumis à des pressions aux lignes du parti, forcés de défendre le président malgré leurs convictions personnelles ou même les meilleurs intérêts du pays.

S’ils ne sont pas prêts à risquer l’inévitable dans l’intérêt de leurs propres convictions, n’ont-ils pas choisi le mauvais cheminement de carrière?

La différence, rien de comparable

Les conséquences d’un mauvais choix sont coûteuses, mais il n’y a rien de comparable avec le prix payé par un militaire. Voici la différence : Sur le champ de bataille, le soldat risque de mourir, d’être mutilé ou de subir une incapacité permanente. Sa récompense, s’il survit, est une maigre pension et notre reconnaissance une fois par année, le 11 novembre.

‘… vous êtes-vous déjà demandé pourquoi on réfère à la « période de questions »?… Les questions peuvent être adressées à un représentant désigné. Celui-ci n’est pas obligé de répondre…’

Au sein du gouvernement, un ministre peut perdre son portefeuille ou être obligé de démissionner. Il peut être réaffecté en tant qu’ambassadeur ou être obligé de prendre congé avec une pension gouvernementale indexée au coût de la vie. Un membre ayant été élu pour un second mandat peut également être congédié avec une pension à vie, indexée au coût de la vie. On peut également lui offrir une place au sénat.

La scène

Lorsque la Chambre siège, vous êtes-vous déjà demandé pourquoi on réfère à la « période de questions »? Voici la réponse. Les questions peuvent être adressées à un représentant désigné. Celui-ci n’est pas obligé de répondre. Le politicien peut décider d’ignorer la question et donner des instructions à la Chambre sur la préparation de muffins aux bleuets à la place. C petite jeu mine l’électorat parce que le président de la chambre n’a pas le pouvoir d’insister pour obtenir une réponse. Si les ministres et les membres du parlement étaient tenus de répondre, on dirait plutôt « La période des questions et des réponses ».

Perte de confiance

Durant les périodes d’élection, les politiciens et certains journalistes critiquent ouvertement les personnes qui ne votent pas. Le fait que certains citoyens ne votent pas est compréhensible et justifiable jusqu’à un certain point. Si la personne a perdu confiance dans le système de gouvernement, pourquoi devrait-elle donner de la crédibilité, avec son vote, à un gouvernement qui ne répond pas à ses valeurs ni à ses besoins ?

‘Il est temps de réformer notre système. Commençons par les responsabilités du Président de la Chambre des Communes. Que la chambre soit davantage responsable envers le Peuple.’

Si je n’aime pas une pièce de théâtre, je quitte. Franchement je n’aime pas particulièrement cette pièce, et assurément plusieurs des acteurs qui y sont impliqués. Cela dit, je vote toujours, et j’encourage ceux autour de moi à voter, même si c’est un vote de protestation. Ceci en mémoire de ceux et celles qui se sont sacrifiés pour assurer notre droit de vote.

Jeu de marionnettes

Sur cette scène nous sommes tous des marionnettes. Quelqu’un tire les ficelles – nos enfants, nos parents aînés, nos animaux de compagnies, nos collègues de travail, nos clients, les banques, etc. Il n’y a rien de mal à cela. Ça fait partie de la vie. Ça devient un problème lorsque nous passons de l’état de marionnette à celui d’esclave du monteur de marionnettes et que nous devenons des pantins.

La réforme du système

Il est temps de réformer notre système. Commençons par les responsabilités du Président de la Chambre des Communes. Que la chambre soit davantage responsable envers le Peuple. Il est également temps que les députés fassent passer la population du Canada avant les intérêts de leurs partis ou leurs propres intérêts.

Je respecte et j’admire l’Honorable Jody Wilson Raybould et l’Honorable Jane Philpott qui ont démontré leur intégrité et leur engagement envers le peuple canadien.

Avertissement : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de son auteur et ne reflètent pas les opinions de WestmountMag.ca ou de ses éditeurs.

Image d’entête: CC BY-SA 3.0, via Wikimedia CommonsButton Sign up to newsletter – WestmountMag.caÀ lire aussi : autres articles par Georges Dupras


Georges Dupras

Georges R. Dupras se fait le champion et le défenseur des animaux depuis plus de 50 ans. Il est membre de l’International Association for Bear Research and Management (IBA), un directeur de l’Alliance pour les animaux du Canada (AAC), le représentant du Québec de Zoocheck Canada, et un ancien directeur de la Société canadienne pour la prévention de la cruauté envers les animaux (CSPCA). En 1966, il s’est impliqué dans la campagne initiale pour sauver les phoques qui a mené à la fondation de l’International Fund for Animal Welfare (IFAW) en 1969. Il a publié deux livres : Values in Conflict et Ethics, A Human Condition. Georges demeure à Montréal, Québec, Canada.


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