Paradis - 32e édition du festival Cinemania
Paradis - 32e édition du festival Cinemania

Cinemania : sept films
pour élargir nos horizons

Entre fiction et documentaire, des trajectoires humaines qui invitent à la découverte

5 novembre 2026 • WestmountMag.ca

Novembre ramène à Montréal le plaisir de passer d’une salle à l’autre, de choisir un film pour son sujet, un visage ou simplement la promesse d’un ailleurs.

Jusqu’au 15 novembre, la 32e édition de Cinemania offre de multiples occasions de retrouver cette curiosité qui fait tout le sel d’un festival : découvrir des œuvres qui ne nous ressemblent pas nécessairement, mais qui nous parlent malgré les distances.

Parmi les films annoncés, sept titres dessinent un parcours entre le Québec, l’Afrique, Haïti et l’Europe. Les adolescents y cherchent leur place, les adultes négocient avec leurs convictions et leurs responsabilités, tandis que la musique ouvre des espaces de liberté. La fiction côtoie le documentaire, et le court métrage rappelle qu’une situation toute simple peut receler une grande complexité.

Voici une sélection pour composer son itinéraire, entre histoires à découvrir et rendez-vous à inscrire à son calendrier.

Paradis : deux jeunesses de part et d’autre de l’Atlantique

Choisi pour ouvrir le festival, Paradis, premier long métrage de Jérémy Comte, met en parallèle les parcours de deux adolescents confrontés à l’absence paternelle. Le film met en vedette Joey Boivin-Desmeules et Daniel Atsu Hukporti dans les rôles-titres de Tony et Kojo, ainsi qu’Evelyne de la Chenelière qui interprète Chantal, la mère de Tony. Olivier Gossot (Amour Apocalypse) assure la direction de la photographie, Sylvain Lemaitre (Le Successeur) la direction artistique, Valentin Hadjadj (Close) la musique originale, et Sandy Notariani (The Father) la conception sonore.

Au Ghana, Kojo voit son quotidien bouleversé par la disparition de son père. Il se rapproche des gangs d’Accra, cherchant à combler le vide laissé derrière lui. Au Québec, Tony découvre que sa mère entretient une relation à distance avec un capitaine de cargo. Cette découverte fait naître une nouvelle hypothèse sur l’identité de son père.

Paradis - 32e édition du festival Cinemania

La prémisse rapproche deux univers géographiques autour d’interrogations intimes : comment se construire lorsque des pans de son histoire nous échappent? Que fait-on des récits que l’on invente pour expliquer une absence?

Ce dialogue entre deux jeunesses donne au film une place naturelle dans un festival qui porte les regards au-delà des frontières. Après sa présentation d’ouverture du 4 novembre, une autre projection de Paradis est annoncée le 7 novembre au Monument-National.

Les Braves : une autre idée du courage

Avec Les Braves (Coward), Lukas Dhont situe son récit pendant la Première Guerre mondiale. Deux jeunes soldats trouvent, dans le théâtre et dans leur relation amoureuse, un refuge face aux horreurs du conflit. Le contraste entre la destruction et la création constitue une porte d’entrée dans cette proposition. Là où la guerre impose des rôles et des comportements, la scène permet d’en essayer d’autres.

Les braves - 32e édition du festival Cinemania

Le film invite ainsi à réfléchir à ce que signifie le courage, au-delà des attentes associées à l’uniforme. Emmanuel Macchia et Valentin Campagne, qui les incarnent, ont reçu conjointement le prix d’interprétation masculine à Cannes.

Présenté dans le panorama consacré à la Belgique francophone, Les Braves est annoncé les 8 novembre à 18 h et 9 novembre à 16 h.

Congo Boy : faire entendre sa propre voix

Dans Congo Boy, de Rafiki Fariala, Robert a 17 ans et rêve d’une carrière musicale. Réfugié congolais arrivé enfant en République centrafricaine, il assume désormais seul la responsabilité de ses frères et sœurs depuis l’incarcération de ses parents. Entre ses études, ses emplois et les besoins de sa famille, la perspective d’un concours musical devient une voie d’émancipation.

Congo Boy - 32e édition du festival Cinemania

Le récit pose une question qui dépasse son contexte : quelle place reste-t-il pour les aspirations personnelles lorsque les responsabilités occupent déjà tout l’espace? La musique n’y représente pas seulement un rêve de célébrité, mais aussi la possibilité de choisir sa propre voie.

Ce premier long métrage de fiction de Fariala figure dans la compétition Visages de la francophonie. Il sera présenté le 12 novembre à 20 h 30 et le 15 novembre à 13 h 30 au Cineplex Quartier Latin.

Marie Madeleine : l’intime face au jugement collectif

Réalisatrice et interprète du rôle-titre, Gessica Généus propose, avec Marie Madeleine, une histoire où le rapprochement amoureux se heurte aux convictions religieuses et au regard du voisinage.

Joseph vient en aide à une travailleuse du sexe qu’il trouve presque inconsciente dans la rue. Un lien se développe entre eux, mais l’ouverture, par son père, d’une église évangélique, face à la maison close où vit Marie Madeleine, déclenche un affrontement moral dans le quartier.

Marie-Madeleine - 32e édition du festival Cinemania

Le point de départ met les personnages face à plusieurs tensions : désir et fidélité familiale, croyances et liberté individuelle, jugement et compassion. Une œuvre traversée par la musique, la poésie et des touches surréalistes, où Haïti occupe pleinement l’écran.

Marie Madeleine sera présenté le 13 novembre à 18 h au Cinéma du Musée et le 15 novembre à 14 h au Cinéma Moderne.

Murmures : regarder le vivant autrement

Avec Murmures, Marie-Julie Dallaire délaisse les mots pour offrir une immersion dans la nature sauvage canadienne. Le documentaire ne comporte ni narration ni présence humaine à l’écran. Cette approche modifie la posture du spectateur: plutôt que de suivre un commentaire qui nomme et explique, on est invité à observer, à écouter et à laisser les images établir leurs propres correspondances.

Murmures - 32e édition du festival Cinemania

Dans un programme de festival souvent rythmé par les dialogues et les récits, cette proposition offre un changement de cadence. La musique d’Anaïs Larocque, interprétée par l’Orchestre Métropolitain sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, accompagne cette rencontre avec le monde animal.

Deux séances sont annoncées, les 11 novembre à 18 h 30 et 12 novembre à 18 h 15.

Nous l’orchestre : trouver sa place dans le collectif

La musique devient le sujet même de Nous l’orchestre, documentaire de Philippe Béziat qui se glisse parmi les 120 musiciens de l’Orchestre de Paris. Comment jouer ensemble sans disparaître dans la masse? Comment préserver sa singularité tout en participant à une œuvre commune? Le film explore les relations qui rendent possible cette construction collective.

Nous l'orchestre - 32e édition du festival Cinemania

La création musicale devient ainsi une manière d’aborder des questions qui traversent bien d’autres milieux. Pour les mélomanes, c’est l’occasion d’approcher ce qui se joue au-delà du concert. Pour les autres, le sujet ouvre une réflexion accessible sur l’écoute, la coopération et la place de chacun dans un groupe.

Nous l’orchestre est annoncé le 13 novembre à 17 h 15, dans la salle principale de la Cinémathèque québécoise.

Soleil pâle : les contradictions de l’enfance

Le format court permet parfois de condenser toute une relation en une seule situation. Dans Soleil pâle, réalisé par Adrian Moyse Dullin et Jawahine Zentar, Abel, 12 ans, passe une journée d’été à la plage avec son père atteint d’un cancer. Il éprouve de la honte à l’égard du corps de celui-ci. Ce point de départ aborde sans détour une émotion difficile à reconnaître.

Soleil pâle - 32e édition du festival Cinemania

À l’âge où le regard des autres prend tant de place, l’affection peut coexister avec la gêne, et la peur avec le désir de paraître comme tout le monde. La prémisse laisse entrevoir un récit où la vulnérabilité concerne autant l’enfant que le parent.

Ce film de seize minutes sera présenté le 12 novembre à 18 h 30 à la Cinémathèque québécoise dans le cadre d’un programme collectif de la compétition de courts métrages internationaux.

Un festival à composer selon sa curiosité

Ces sept propositions ne résument pas cette édition du festival Cinemania, mais elles offrent plusieurs façons d’y entrer : suivre les incertitudes de l’adolescence, explorer les liens entre convictions et liberté, découvrir le travail d’un collectif musical ou simplement prendre le temps de regarder le vivant.

La programmation complète et la billetterie sont disponibles sur le site officiel de Festival Cinemania.

 

Image d’entête tirée du film Paradis, de Jérémy Comte

 

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