Stéphanie Morin-Robert célèbre la différence dans un solo autobiographique sans complexe
11 octobre 2026 • WestmountMag.ca
Du 14 au 16 octobre, Stéphanie Morin-Robert présente Angle mort au Théâtre Aux Écuries, une comédie noire autobiographique où l’humour, la danse et l’image accompagnent une quête d’émancipation. Il y a des histoires que l’on raconte pour se souvenir, et d’autres pour reprendre possession de soi.
Avec Angle mort, Stéphanie Morin-Robert propose un récit où ces deux mouvements se rejoignent. L’artiste revisite son enfance, son rapport au handicap et le chemin parcouru jusqu’à la maternité. Au cœur de cette traversée : un œil de verre, une bonne dose d’autodérision et le désir de vivre sans se laisser définir par le regard des autres.
… une comédie noire autobiographique où l’humour, la danse et l’image accompagnent une quête d’émancipation.
Après des passages à La Maison Théâtre et à La Caserne – Scène jeune public, ce solo autobiographique arrive au Théâtre Aux Écuries pour trois représentations seulement, du 14 au 16 octobre. Destiné aux personnes de 12 ans et plus, le spectacle aborde la différence par une voie aussi personnelle qu’accessible : la comédie noire.
Se raconter autrement
À deux ans, Stéphanie Morin-Robert est atteinte d’une tumeur maligne de la rétine. L’ablation de son œil gauche devient nécessaire à sa survie. Une prothèse oculaire entre alors dans sa vie, avec tout ce qu’une différence visible peut susciter dans la construction de son identité.
Angle mort s’appuie sur cette expérience, mais son horizon dépasse le cadre du récit médical. Ce qui s’y dessine, c’est une réappropriation : de son corps, de son image et, surtout, de la manière de raconter son histoire. Plutôt que de laisser le handicap occuper toute la place, l’artiste l’intègre à un parcours dont elle demeure l’autrice.
L’humour devient ainsi une manière de déplacer les perspectives. Il ne gomme ni la vulnérabilité ni les difficultés; il ouvre un espace où elles peuvent cohabiter avec l’assurance, l’irrévérence et le plaisir. Cette tension entre gravité et légèreté donne au projet sa couleur particulière.
Un récit qui passe par le corps
Sur scène, Stéphanie Morin-Robert s’entoure d’un écran, de lumière et d’une caméra. La danse contemporaine, les projections en direct et les marionnettes se mêlent à la parole pour inviter le public à entrer dans son univers intérieur. Le spectacle, d’une durée de 80 minutes, fait ainsi dialoguer plusieurs langages artistiques autour d’une même histoire.
L’humour ne gomme ni la vulnérabilité ni les difficultés; il ouvre un espace où elles peuvent cohabiter avec l’assurance, l’irrévérence et le plaisir.
Ce choix multidisciplinaire correspond à la démarche d’une interprète qui ne sépare pas le récit du corps qui le porte. Le mouvement, l’image et les objets offrent différentes façons d’approcher ce que les mots seuls ne parviennent pas toujours à exprimer.
L’intimité annoncée n’est donc pas uniquement celle des confidences. Elle tient aussi à cette présence offerte au public, à la possibilité de regarder autrement une expérience qui pourrait, de prime abord, sembler éloignée de la sienne.
Retrouver sa langue
Angle mort est la version française de Blindside, que Stéphanie Morin-Robert a présenté à travers le monde pendant près d’une décennie. Ce passage au français ajoute une dimension au travail de réappropriation qui traverse le spectacle.
Pour cette artiste francophone originaire du nord de l’Ontario, raconter son histoire dans sa langue signifie également renouer avec ses racines. L’adaptation, réalisée avec Faustine Lasnier, inscrit ainsi l’expérience personnelle dans un rapport plus large à l’identité.
Le titre invite lui-même à la réflexion : un angle mort, c’est ce qui échappe au regard. L’expression peut aussi évoquer ces aspects d’une personne que l’on ne perçoit pas lorsqu’on s’arrête à sa différence. Le spectacle propose précisément de dépasser cette première lecture.
Une artiste aux multiples registres
Autrice, metteuse en scène et interprète du solo, Stéphanie Morin-Robert œuvre à la croisée du théâtre, de la danse et de l’humour. Depuis 2002, elle présente ses créations dans des festivals et des salles au Canada comme à l’étranger.
Ce solo autobiographique arrive au Théâtre Aux Écuries pour trois représentations seulement, du 14 au 16 octobre.
Son expérience du stand-up nourrit également une démarche où l’adresse au public et l’autodérision occupent une place importante. Avec Angle mort, ces différents registres se rencontrent autour d’un propos intime, sans renoncer à la joie.
L’invitation tient peut-être là : accueillir une histoire singulière sans la réduire à une leçon de courage. Et découvrir, derrière l’œil de verre, une femme qui choisit elle-même comment elle souhaite être vue.
Angle mort
Du 14 au 16 octobre 2026
Théâtre Aux Écuries, 7285, rue Chabot, Montréal
Public : 12 ans et plus
Durée : 80 minutes
Informations
Billetterie
514 844-1811, poste 401
Image d’entête courtoisie du Théatre Aux Écuries
