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La vie à l’ère
des applis et de l’IA

Commodité numérique, attention fragmentée et nouvelles possibilités créatives

Par Andrew Burlone

9 septembre 2026

Nos téléphones ne sont plus seulement des outils de communication : ils sont devenus des assistants, des carnets d’adresses, des cartes, des appareils photo, des moyens de paiement et, de plus en plus, des interfaces avec l’intelligence artificielle.

Les Canadiens passent une part importante de leur journée sur leur téléphone, souvent en de petites séquences : vérifier un horaire, répondre à un message, consulter les nouvelles, réserver un trajet, écouter de la musique, travailler, faire un achat ou chercher une information. Le temps d’écran est un indicateur utile, mais il ne dit pas tout. Une heure passée à échanger avec des proches, à gérer une tâche professionnelle ou à lire un article n’a pas la même portée qu’une heure de défilement automatique sur une plateforme sociale.

Aujourd’hui, ce n’est pas le monde qui tient dans notre main : c’est une interface vers le monde.

La vraie question n’est donc plus seulement : « Combien de temps passons-nous sur nos applications ? » Elle est aussi : que nous permettent-elles de faire, et à quelles conditions ?

Du téléphone-outil au téléphone-assistant

L’époque où un appareil distinct était nécessaire pour chaque fonction semble déjà lointaine. Avec les assistants conversationnels et les outils d’IA générative, cette évolution prend une nouvelle dimension. Une application ne se contente plus d’afficher une information ou d’exécuter une commande : elle peut résumer un texte, proposer un itinéraire, traduire un message, organiser des idées, retoucher une image, transcrire une conversation ou aider à rédiger un document. Le téléphone devient ainsi moins une collection d’applications séparées qu’un point d’accès à des services capables d’anticiper certaines tâches et de dialoguer avec nous.

Cette concentration des services apporte une réelle commodité. En quelques secondes, il est possible de trouver son chemin, payer une facture, consulter un dossier médical, accéder à un billet électronique, joindre un collègue ou rester en contact avec des proches éloignés. Mais cette facilité s’accompagne de questions importantes :

  • Quelles données partageons-nous en échange de ces services ?
  • Quelles plateformes déterminent ce qui apparaît dans nos fils d’actualité ou dans nos résultats de recherche ?
  • Que devient notre attention lorsque les applications sont conçues pour nous faire revenir ?
  • Comment préserver notre autonomie lorsque les outils commencent à suggérer, à résumer, à recommander et, parfois, à décider à notre place ?
  • Comment vérifier une réponse produite par une IA, surtout lorsqu’elle semble plausible, fluide et convaincante ?
    •

L’enjeu n’est pas de rejeter les applications, ni d’idéaliser un monde « d’avant ». Les outils numériques facilitent la vie de millions de personnes, notamment en matière d’accessibilité, de mobilité, d’information, de services publics, d’éducation et de maintien des liens sociaux. Il s’agit plutôt d’apprendre à les utiliser de manière éclairée : en comprenant leurs avantages, leurs limites et leurs modèles d’affaires.

L’IA change les règles

Pendant longtemps, créer une application exigeait d’importantes ressources techniques et financières. Cela reste vrai pour les projets complexes, particulièrement lorsqu’ils concernent les paiements, la santé, la sécurité ou de vastes volumes de données. Toutefois, les outils de développement à faible code, les services infonuagiques et l’IA accélèrent aujourd’hui certaines étapes : le prototypage, la rédaction de contenus, la conception d’interfaces, le soutien à la programmation, la traduction et le service à la clientèle.

Les outils numériques facilitent la vie de millions de personnes, notamment en matière d’accessibilité, de mobilité, d’information, de services publics, d’éducation et de maintien des liens sociaux.

Cette démocratisation ouvre des perspectives concrètes pour les petites entreprises, les organismes culturels, les médias locaux et les entrepreneurs. Une bonne idée ne suffit toutefois pas. Une application utile doit répondre à un besoin clair, respecter la vie privée, être accessible, offrir une expérience simple et conserver la confiance de ses utilisateurs. Nos usages sont variés et dépendent du travail, de l’âge, de la situation familiale, des besoins en mobilité ou en accessibilité. Il est néanmoins utile de reconnaître que certaines plateformes sont conçues pour multiplier les interactions et prolonger le temps passé à l’écran.

Plutôt que de culpabiliser, on peut adopter quelques habitudes simples :

  • Désactiver les notifications inutiles.
  • Réserver certains moments sans téléphone, notamment pendant les repas, lors des rencontres ou avant de s’endormir.
  • Vérifier les paramètres de confidentialité et les autorisations accordées aux applications.
  • Utiliser les outils d’IA comme aides à la réflexion ou à la production, sans renoncer à son jugement.
  • Prendre le temps de vérifier les informations importantes, les sources et les contenus générés automatiquement.
  • Choisir ses applications en fonction de leur utilité réelle plutôt que de leur capacité à capter l’attention.
    •

Les applications mobiles ne sont ni neutres ni nécessairement nocives. Elles prolongent nos capacités, mais influencent aussi nos habitudes, nos relations et notre accès à l’information. À l’ère de l’IA, l’enjeu n’est plus simplement d’avoir le monde au bout des doigts : c’est de conserver le recul nécessaire pour décider comment nous voulons l’utiliser.

 

Image d’entête : Google DeepMind – Pexels

 

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Andrew Burlone, co-publisher – WestmountMagazine.ca

Andrew Burlone, coéditeur de WestmountMag.ca, a commencé sa carrière dans les médias au magazine NOUS. Par la suite, il a lancé Visionnaires, où il a occupé le poste de directeur de création pendant plus de 30 ans. Andrew est passionné de culture et de politique, avec un vif intérêt pour les arts visuels et l’architecture.

 


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