Treizième édition pour
le Festival de la Voix
Quatre semaines de concerts vocaux sur les scènes de l’Ouest-de-l’Île
Par Irwin Rapoport
31 mars 2026
Le Festival de la Voix célèbre ce mois-ci sa 13e édition, placée sous le signe de la chance, avec une programmation complète de concerts et d’ateliers qui mettent à l’honneur la puissance de la voix humaine. Du 4 au 28 avril 2026, le festival réunit plus de 50 musicien·ne·s et chanteur·euse·s dans des salles à travers l’Ouest-de-l’Île de Montréal, de Dorval et Pointe-Claire à Beaconsfield, Lachine et Ste-Geneviève, pour se conclure par un concert de jazz de clôture avec le Chad Linsley Trio dans l’espace Art déco Le 9e du Centre Eaton.
Du 4 au 28 avril 2026, le festival réunit plus de 50 musicien·ne·s et chanteur·euse·s dans des salles à travers l’Ouest-de-l’Île de Montréal.
Présentés par l’organisme sans but lucratif Vox Aeterna, les 10 concerts et événements éclectiques mettent en vedette des chœurs, du jazz big band, de la musique celtique et folk, des chants autochtones, des œuvres classiques, des auteur·rice·s-compositeur·rice·s, des activités de chant en famille ainsi que des ateliers pratiques pour tous les âges. «
« Pour cette 13e édition chanceuse du festival, chaque artiste et chaque ensemble partagera son talent créatif et exquis dans un équilibre subtil de genres musicaux – du baroque au folk, jusqu’à Brel, Barbara et le big band », explique la directrice artistique du Festival, Kerry-Anne Kutz. « Chaque concert et chaque atelier constituent une expérience inoubliable pour tous les mélomanes, qui enrichit notre public, favorise un profond sentiment de connexion par la musique et perpétue un sentiment d’appartenance et de bien-être. »
Les incontournables du festival
Voici quelques-uns des moments forts de la programmation de cette année; consultez le site web du festival pour l’horaire complet et les lieux.
Voices of Vision avec Jason Lang, Viv Kalo, Sionna Ellison and Taurey Butler à l’église St. Columba-by-the-Lake, le samedi 4 avril à 19 h.
Linda Morrison en Concert – chansons originales et favoris celtiques, le samedi 11 avril à 14 h.

Festival de la Voix • Persuasion
Le groupe Persuasion interprète Carlos Santana – un hommage à Santana haut en énergie, le samedi 11 avril à 20 h.
Matinée chorale avec la chorale Musique-études du secondaire de l’École de musique Vincent-d’Indy, suivie de la soprano Myriam Leblanc et du Trio Mirabilia dans un programme de Vivaldi à Barbara, le dimanche 12 avril.
Sing, Sing, Sing!, un concert pour enfants et chant collectif pour les 1 à 6 ans et Percussionnistes recherchés !, atelier avec djembés, güiros, hochets, tambourins, bongos et plus, avec Craig Girardin pour les 7 à 12 ans et les adultes, le samedi 4 avril.

Festival de la Voix • Aleksi Campagne
Nikamu Mamuitun 2 (Chansons qui nous unissent) – dix auteur·rice·s-compositeur·rice·s-interprètes émergent·e·s des Premières Nations et du Québec, en collaboration avec la Salle Pauline-Julien, célébrant la rencontre culturelle et le lien artistique, le vendredi 24 avril à 20 h.
Concert gratuit avec l’auteur-compositeur-interprète, violoniste, guitariste et pianiste primé Aleksi Campagne, fils des musicien·ne·s reconnu·e·s Connie Kaldor et Paul Campagne (Hart Rouge), le 23 avril.
Le Big band de 18 musicien·ne·s du Festival de la Voix dirigé par Ron Di Lauro et mettant en vedette l’incomparable Lady of Jazz, Ranee Lee, le samedi 25 avril à 14 h au Centre communautaire Sarto-Desnoyers.
Concert de clôture du Chad Linsley Trio – avec le trompettiste Mike Cartile et les chanteuses Kristin Hoff et Kerry-Anne Kutz, le mardi 28 avril à 17 h au 9e, la salle Art déco située au sommet du Centre Eaton, au centre-ville de Montréal.

Festival de la Voix • Ranee Lee
Parallèlement aux concerts publics, le Festival de la Voix propose des activités pour les élèves du primaire et du secondaire, mettant cette année en vedette Musiquemosaïque et l’Orchestre de musique de la 438e Escadre tactique d’hélicoptères, afin de permettre aux jeunes publics de vivre la musique en direct de près.
Conversation avec les artistes
Dans l’entretien ci-dessous, la directrice artistique et chanteuse Kerry-Anne Kutz, la figure incontournable de la musique celtique Linda Morrison et le pianiste de jazz Chad Linsley parlent de leur amour de la musique, de leur parcours et de ce que le festival représente pour eux.
Construire un festival autour des voix locales – Kerry-Anne Kutz
WM : Au fil des ans, le festival a gagné en popularité, tant auprès des musicien·ne·s de la région, heureux·ses d’avoir l’occasion de se produire, qu’auprès des publics qui ont hâte de profiter d’une variété de styles musicaux. À quels facteurs attribuez-vous le succès du festival et envisagez-vous de l’étendre à d’autres secteurs que l’Ouest-de-l’Île?

Festival de la Voix • Kerry-Ann Kutz
Kutz : Je crois que de nombreux mélomanes suivent de près les musicien·ne·s locaux et tiennent à sortir les entendre dès qu’ils se produisent. En tant que directrice artistique du Festival, je m’intéresse moi-même profondément à nos artistes d’ici, qu’ils soient musicien·ne·s classiques, jazz, chorals, pop, traditionnels ou folk. Non seulement ces interprètes sont d’excellent·e·s chanteur·euse·s et instrumentistes, mais ils et elles présentent aussi un répertoire qui vaut vraiment la peine d’être entendu et vu.
Cette année, nous sommes très enthousiastes à l’idée de présenter un concert au 9e, au sommet du Centre Eaton, en collaboration avec l’Opéra M3F, mettant en vedette l’un des plus grands pianistes de jazz au Canada, Chad Linsley, et son trio, avec comme invité·e·s spécial·e·s le trompettiste Mike Cartile, la chanteuse Kristin Hoff et moi-même comme vocaliste.
Nous avons également présenté des concerts à Westmount et à Hudson, et espérons retourner à Hudson l’an prochain. Nous aimons toujours collaborer avec toutes les communautés du Québec.
WM : Comment avez-vous choisi les interprètes et les ensembles pour le festival de cette année, et avez-vous déjà des artistes en tête pour l’an prochain?
Kutz : Mon premier critère est la beauté de la voix d’un·e artiste, peu importe le genre. La soprano Myriam Leblanc possède l’une des plus belles voix que j’aie jamais entendues, et je veux que tout le monde puisse l’entendre. Ranee Lee est une interprète de jazz vraiment exceptionnelle. Non seulement elle a un son fabuleux, mais son phrasé est d’une grande sensibilité et elle colore chaque mot. C’est tellement excitant de vivre un tel niveau de musicalité. Et je dois mentionner Aleksi Campagne, auteur-compositeur-interprète, violoniste et plus encore. Cette voix vous coupera le souffle.
« Cette année, nous sommes très enthousiastes à l’idée de présenter un concert au 9e, au sommet du Centre Eaton, en collaboration avec l’Opéra M3F, mettant en vedette l’un des plus grands pianistes de jazz au Canada. »
Chaque ensemble vocal qui chante au Festival cette année, les trois quatuors vocaux (Quartom, Musaïque et le Montreal Vocal Jazz Quartet), qui interpréteront les magnifiques arrangements de Simon Leclerc, ou le Studio de musique ancienne qui créera une œuvre du compositeur cri Andrew Balfour, fait de chaque pièce une véritable œuvre d’art grâce à la qualité de leurs voix, à la beauté de leur phrasé et à leur justesse impeccable.
J’ai déjà choisi presque toute la programmation de l’an prochain, puisque notre première demande de subvention doit être déposée à la fin avril.
WM : Pourquoi est-il important de promouvoir les chanteur·euse·s et musicien·ne·s locaux talentueux, et comment le festival contribue-t-il à leur carrière et à multiplier leurs occasions de se produire durant l’année?
Kutz : Nos musicien·ne·s professionnel·le·s, vocalistes comme instrumentistes, sont en concurrence avec des artistes de toute l’Amérique du Nord et d’ailleurs, sur de nombreuses plateformes. Pour qu’un·e artiste puisse développer son art, il ou elle doit avoir un public devant lequel jouer. En allant écouter nos artistes locaux, nous leur permettons de partager leur travail à l’échelle locale, de faire rayonner leur talent unique et de gagner leur vie. Les musicien·ne·s que nous présentons ont une grande intégrité artistique, ce qui, à mon avis, n’est pas toujours le cas dans la musique plus commerciale.
‘Le Festival de la Voix a servi de tremplin à de nombreux artistes émergents de la région, qui vont ensuite se produire dans d’autres festivals et séries de concerts, notamment le Festival international de jazz et Osheaga.’
WM : En plus de votre rôle de directrice artistique, vous participez aussi au festival comme chanteuse. Qu’aimez-vous dans le fait de chanter? Depuis combien de temps vous produisez-vous, et quels styles de musique appréciez-vous?
Kutz : J’ai eu l’immense chance d’étudier le piano dès l’âge de 5 ans, puis les percussions, et enfin le chant à l’université. Mon père était musicien professionnel, tout comme mon frère, et la musique faisait partie intégrante de notre vie de famille.
J’aime l’étude de la musique, qu’il s’agisse d’une aria de Bach, d’un compositeur classique canadien, de Shirley Eikhard ou de Joni Mitchell. Mon mari, le trompettiste Mike Cartile, et moi venons tout juste de terminer l’enregistrement d’un CD de mes chansons originales, avec quelques pièces de Michel Legrand, qui sortira le 24 mai.
En ce moment, je poursuis trois grandes passions musicales : me produire avec mon cher quatuor vocal féminin Musaïque, enregistrer de la mélodie canadienne et écrire de la musique et des spectacles pour enfants. J’ai toujours adoré partager de la belle musique de tous genres avec mon public, et grâce à mes dix années au sein de la fanfare de la GRC, j’ai eu l’occasion de chanter de l’opéra, du jazz et de la pop dans chaque concert, partout au Canada et à travers le monde.
Traditions celtiques et mentorat – Linda Morrison
WM : Vous êtes une figure de proue de la scène locale de musique celtique depuis de nombreuses années, et le public a toujours hâte de vous voir en concert, que ce soit en solo, avec des chœurs ou avec d’autres musicien·ne·s. Comment avez-vous évolué comme chanteuse, autrice-compositrice et mentore?

Festival de la Voix • Linda Morrison
Morrison: J’ai chanté dans différentes langues et écrit dans divers styles musicaux, et c’est peut-être ce qui m’a permis d’évoluer comme chanteuse avec plus d’expérience, d’ouverture d’esprit et de conviction. J’adore écouter ce que les artistes contemporains ont à dire. Mais ce sont peut-être les chanteur·euse·s traditionnel·le·s du monde entier qui m’ont le plus inspirée… il y a tellement de diversité et de possibilités.
Par exemple, des chanteur·euse·s d’Écosse, du Liban, de Géorgie et de Mauritanie m’ont ouvert l’esprit aux possibilités de l’expression vocale et à l’importance de raconter une histoire. Prendre conscience de leurs perspectives, toutes très différentes, m’a aidée à grandir comme chanteuse. Quant aux chansons issues des traditions celtiques, je trouve ces langues magnifiques, complexes et pleines de philosophie. Les apprendre et les chanter peut vraiment offrir une nouvelle façon de voir le monde qui nous entoure.
Je suis ravie si je suis devenue une mentore. Si c’est le cas, c’est peut-être parce que j’ai encouragé beaucoup de gens à apprendre le gaélique écossais et permis à des chœurs de découvrir une partie de la beauté qui les attend au cœur des cultures celtiques. Mais il y a tellement de sonorités étonnantes à explorer partout sur cette planète, et nous avons la chance d’avoir le langage universel de la musique pour nous rassembler.
De la Saskatchewan rurale au jazz montréalais – Chad Linsley
WM : Le Chad Linsley Trio clôt le festival le 28 avril, dans le magnifique espace Art déco Le 9e du Centre Eaton, avec un concert de jazz. C’est tout un honneur. Qu’est-ce qui vous a attiré vers le piano et le jazz, et comment vos compétences et votre palette de jeu se sont-elles développées au fil des ans?

Festival de la Voix • Chad Linsley
Linsley: En grandissant dans une région rurale de la Saskatchewan, mon père adorait jouer du piano et avait une collection de vieux vinyles de grands classiques du jazz. Il m’emmenait aussi au Saskatoon Jazz Festival pour entendre des artistes comme Jay McShann, George Shearing, Oscar Peterson, J. J. Johnson et Christian McBride.
J’ai eu beaucoup de chance de bénéficier d’un solide programme d’harmonie à l’école, de cours de piano réguliers et de camps de musique d’été, qui m’ont permis de rencontrer Kevin Dean et André White de la faculté de musique de l’Université McGill. Avec des amis rencontrés au camp, je me rendais à Moose Jaw les fins de semaine pour des sessions et des concerts.
Depuis mon arrivée à Montréal en 1998, j’ai tissé des liens d’amitié musicale et personnelle durables avec des artistes comme Ranee Lee, Dawn Tyler Watson, Lorraine Klaasen, Sienna Dahlen, Sophie Day, Natalie Choquette, Mike Rud, Adrian Vedady, Dave Laing, Al McLean, Philippe Bourque, Tom Plaunt et Iwan Edwards.
WM : Comment le Trio s’est-il formé, et depuis combien de temps jouez-vous ensemble? Quels sont les éléments clés pour affiner vos prestations, et en quoi le fait d’inviter d’autres musicien·ne·s à jouer avec vous a-t-il nourri votre énergie et vos passions?
Linsley : Je connais et je travaille avec le batteur Rich Irwin depuis de nombreuses années; c’est l’un des meilleurs batteurs de Montréal. En 2023, nous avons enregistré un album avec le Tim Nolan Trio, avec Marco Vézina. L’an dernier, j’ai rencontré le contrebassiste Devon Gillingham lors d’un concert avec Rich et l’auteure-compositrice-interprète gagnante d’un Grammy, Jennifer Gasoi.
« Cette série d’avril offre une rare occasion d’entendre d’exceptionnel·le·s vocalistes de près et de soutenir les artistes locaux qui font vivre notre communauté musicale. »
Je suis très enthousiaste à l’idée de partager l’énergie swingante et joyeuse qu’ils apportent sur scène. Kristin Hoff et Kerry-Anne Kutz sont toutes deux des chanteuses incroyablement polyvalentes et des visionnaires pour la communauté artistique montréalaise. Kerry-Anne était une proche collaboratrice de ma toute première professeure de piano en Saskatchewan, Angie Tysseland. Nous avons eu le plaisir de travailler ensemble pendant de nombreuses années, avec son mari, Michael Cartile, un brillant trompettiste. J’ai aussi très hâte de jouer pour le lancement de son prochain album en mai!
WM : Le piano est un élément essentiel de nombreux ensembles de jazz. Quels sont les compositeurs et pianistes qui vous ont influencé?
Linsley : Oscar Peterson est la raison pour laquelle j’ai commencé à jouer du jazz et choisi Montréal comme chez-moi. J’ai eu énormément de chance d’avoir l’un de ses protégés, le pianiste Wray Downes, comme professeur à McGill. L’influence du pianiste Alan Broadbent m’oriente vers Bill Evans, Dave Brubeck, Bud Powell, et même Gustav Mahler!
J’aime aussi beaucoup le travail du pianiste vénézuélien Edward Simon. Enfin, ma femme, Marie-Claire Saindon, compositrice de musique chorale d’une grande finesse, est une influence constante, et je suis à la fois touché et honoré d’avoir un siège au premier rang lorsqu’elle crée.
Avec des concerts dans des églises de quartier, des centres communautaires et un lieu emblématique du centre-ville, ce Festival de la Voix offre une rare occasion d’entendre d’exceptionnel·le·s vocalistes de près et de soutenir les artistes locaux qui font vivre notre communauté musicale.
Images: courtoisie du Festival de la Voix
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