Quand le cirque rencontre la musique de chambre
Nos matins intérieurs réunit le Collectif Petit Travers et le Quatuor Debussy au Théâtre Desjardins
18 mars 2026
Le Collectif Petit Travers et le Quatuor Debussy se retrouvent au cœur d’une création rare et ambitieuse, intitulée Nos matins intérieurs, présentée le 30 avril au Théâtre Desjardins, à Montréal. À mi-chemin entre le cirque contemporain, la musique de chambre et la réflexion poétique sur le vivre-ensemble, ce spectacle réunit dix jongleurs et quatre musiciens dans une forme scénique où chaque geste, chaque note et chaque silence contribuent à la construction d’un monde commun.
À mi-chemin entre le cirque contemporain, la musique de chambre et la réflexion poétique sur le vivre-ensemble, ce spectacle réunit dix jongleurs et quatre musiciens.
Dès les premières minutes, Nos matins intérieurs s’annonce comme une œuvre de rencontre plutôt que de démonstration. Le Collectif Petit Travers, fondé en 2004 et dirigé depuis 2011 par Nicolas Mathis et Julien Clément, s’est imposé comme l’une des compagnies de jonglage les plus inventives de la scène internationale. Installée à Villeurbanne, en France, la troupe a bâti au fil des années un langage artistique précis et profondément humain, nourri par la recherche de l’équilibre, de la transmission et du dialogue entre les disciplines. Ses collaborations passées avec des figures marquantes de la danse, du cirque et de la musique ont contribué à forger une signature reconnaissable : un art du mouvement qui allie virtuosité, écoute et exigence formelle.
Face à eux, le Quatuor Debussy apporte sa propre densité expressive. Depuis trois décennies, l’ensemble a su s’imposer comme une référence internationale grâce à une approche du quatuor à cordes à la fois rigoureuse et ouverte, capable de traverser les répertoires sans jamais perdre son identité. Lauréat de plusieurs distinctions prestigieuses et riche d’une discographie abondante, le quatuor poursuit ici sa volonté de faire dialoguer la musique avec d’autres langages artistiques. Sous l’impulsion de Christophe Collette, violoniste fondateur et directeur artistique, les musiciens transforment la scène en un lieu d’échange, de tension créatrice et de respiration partagée.
‘Lauréat de plusieurs distinctions prestigieuses et riche d’une discographie abondante, le quatuor poursuit ici sa volonté de faire dialoguer la musique avec d’autres langages artistiques.’
La rencontre entre les deux ensembles ne repose pas sur une simple juxtaposition des arts, mais sur une véritable cohabitation scénique. Nos matins intérieurs prend la forme d’une vaste composition vivante, structurée par 28 cubes modulaires qui se métamorphosent au fil de la représentation. Tantôt montagne, tantôt frontière, tantôt assemblage de sièges ou architecture mouvante, cet espace plastique devient le terrain d’expérimentation d’une communauté éphémère. Les jongleurs, venus d’horizons et de générations différents, y déploient leurs trajectoires, leurs rythmes et leurs accents singuliers, tandis que la musique tisse autour d’eux une trame sensible, tour à tour tendue, lyrique ou contemplative.
Ce qui frappe dans le projet, au-delà de sa virtuosité évidente, c’est sa portée réflexive. Le spectacle semble constamment interroger ce qui relie l’individu au groupe, l’élan personnel à la construction collective, la précision du geste à la nécessité de l’écoute. À travers la parole, intégrée au dispositif scénique par Jean-Charles Massera, chaque interprète fait surgir sa propre présence, comme pour rappeler que le commun ne s’invente jamais sans singularité. Le texte ne vient pas expliquer l’action : il l’accompagne, l’éclaire, la prolonge, et donne au spectacle une dimension supplémentaire, presque philosophique, sans jamais alourdir son mouvement.
La partition musicale participe elle aussi à cette tension féconde entre les époques et les sensibilités. Les fantaisies baroques de Henry Purcell croisent les pulsations répétitives de Marc Mellits, créant un paysage sonore à la fois contrasté et cohérent. Cette circulation entre les styles, les formes et les registres reflète bien l’esprit du spectacle : faire dialoguer plutôt qu’opposer, composer plutôt qu’imposer. La musique devient alors un partenaire de jeu à part entière, un souffle qui accompagne la concentration du jonglage et en souligne la beauté fragile.
‘Le spectacle semble constamment interroger ce qui relie l’individu au groupe, l’élan personnel à la construction collective, la précision du geste à la nécessité de l’écoute.’
Implicitement, Nos matins intérieurs propose une méditation sur l’art lui-même. Le jonglage, discipline souvent perçue avant tout comme spectaculaire, y apparaît comme une pratique profondément intérieure, fondée sur l’attention, la répétition et la construction de soi. Chaque trajectoire de balle, chaque suspension, chaque reprise disent quelque chose de l’individu en train de se former sous le regard des autres. C’est sans doute là que le spectacle trouve sa plus grande force : dans sa capacité à transformer une technique de précision en expérience sensible et une démonstration de maîtrise en réflexion partagée sur notre façon d’habiter le monde.
Pour Montréal, cette représentation unique revêt un intérêt particulier. Elle offre l’occasion rare de découvrir une production d’envergure internationale dans un contexte intimiste, au plus près des corps, des sons et des regards, un moment de scène à la fois exigeant et accessible, où l’émerveillement visuel se conjugue à une pensée subtile du collectif.
Nos matins intérieurs
30 avril au Théâtre Desjardins
Écriture : Julien Clément et Nicolas Mathis
Mise en scène : Nicolas Mathis
Texte et direction d’acteurs : Jean-Charles Massera
Conception musicale : Christophe Collette
Musique : Marc Mellits et Henry Purcell
Création lumière : Arno Veyrat
Costumes : Léonor Boyot Gellibert
Images : Courtoisie Indy Mtl


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