L’Arbre de fin de vie:
une renaissance arborée
Funérailles éco-responsables honorant les disparus et l’environnement
Par Carmen J. Michaud
10 mars 2026
En se baladant dans le parc du Mont-Royal et les deux cimetières qui le longent, on se rend compte que cette immense zone verte – presque 1000 acres – oxygène la ville. Ces arbres, c’est littéralement ses poumons ! Heureusement, ce grand espace est protégé, impossible à bétonner ou à « développer ». Ça m’a fait rêver : et si on pouvait en faire partie, pour de vrai ? Pas juste un nom gravé sur une pierre, mais un truc vivant, qui respire.
Et si on pouvait fusionner avec un truc vivant, pas juste un nom sur une pierre tombale, mais un organisme bien vivant, qui respire pour de vrai ?
Il y a quelques années, je suis tombé sur un article d’une boîte italienne qui bosse sur une capsule fun : le corps de la capsule nourrit un arbre qui pousse. Placé en position fœtale dans un genre d’« œuf », avec les racines qui l’enlacent. J’étais scotchée : c’est possible ? Y en a d’autres ? Et quand pourra-t-on le faire ?
Capsula Mundi – Anna Citelli et Luca Mari
Vous avez présenté vos capsules Capsula Mundi pour la première fois en 2003 au Salone del Mobile à Milan. D’où vient cette idée géniale ?
Dans une société coupée de la nature, blindée d’objets inutiles et obsédée par la jeunesse, la mort demeure un tabou majeur. Pour nous, ce passage inévitable, hyper chargé de sens, c’est pas la fin, mais le début d’un retour aux sources naturelles.
Capsula Mundi c’est l’idée de deux designers italiens, Anna Citelli et Raoul Bretzel. Leur slogan claque : « Life Never Stops ». Ils ont lancé leurs capsules en 2003 au Salone del Mobile à Milan. Inspirés par ces réflexions, ils ont décidé de réinventer le cercueil – un objet totalement zappé par le design – avec des matériaux écolos et des symboles universels de la vie : l’œuf, la position fœtale, l’arbre.

Capsula Mundi – concept d’urne • Image : courtoisie de Capsula Mundi
Et vous imaginez des forêts entières de ces arbres ?
Ces arbres marqueront l’emplacement d’une personne. Un lieu de paix. Seul un arbre, symbole du lien entre le ciel et la terre, indiquera la dernière demeure du défunt. À mesure que les arbres seront plantés, le cimetière deviendra une forêt, dépourvue des motifs architecturaux qui caractérisent les lieux de sépulture d’aujourd’hui. Le cimetière se transformera en un espace naturel, où les familles pourront se promener et découvrir le monde vivant, et où les communautés se rassembleront pour entretenir et soigner les arbres. En somme, il deviendra une forêt sacrée.
Comment voyez-vous cela contribuer à la protection de notre environnement ?
Aujourd’hui, pour fabriquer un cercueil, il faut abattre un arbre. Le cercueil a une durée de vie très courte et un fort impact environnemental. Un arbre met entre dix et quarante ans à atteindre sa maturité, et le cercueil ne sert que trois jours ! Nous voulons planter des arbres plutôt que de les couper ! De plus, les urnes Capsula Mundi sont fabriquées à partir de matériaux biodégradables provenant de plantes saisonnières.
Donc, pour le moment, vous ne vendez que les urnes, qui peuvent être attachées à un arbre et contenant les cendres ?
Les urnes Capsula Mundi sont fabriquées en Italie. Chacune est unique grâce aux interventions artisanales réalisées au cours de sa production. L’urne Capsula Mundi est biodégradable. Les cendres sont déposées à l’intérieur par une ouverture, refermée à l’aide d’un couvercle conique à vis. Après l’inhumation, un arbre — choisi de son vivant par le défunt et en fonction de l’écosystème local — sera planté au-dessus. L’urne Capsula Mundi relie ainsi les cendres à un arbre.
‘À mesure que les arbres sont plantés, le cimetière se métamorphose peu à peu en véritable forêt, affranchie des motifs architecturaux qui dominent les lieux de mémoire traditionnels.’
À mesure que les arbres sont plantés, le cimetière se métamorphose peu à peu en véritable forêt, affranchie des motifs architecturaux qui dominent les lieux de mémoire traditionnels.
Les urnes Capsula Mundi sont conçues et fabriquées en Italie, dans un esprit de design durable. Chacune d’elles est unique, façonnée par des interventions artisanales au cours du processus de production.
Et qu’en est-il des capsules destinées au corps ? À quel stade en est leur mise en marché ?
Le projet Capsula Mundi pour le corps demeure pour l’instant en phase de démarrage. Ce mode d’inhumation est déjà légal dans plusieurs pays, mais ce n’est pas encore le cas partout. En Italie, pays d’origine du projet, seule l’urne Capsula Mundi est pour l’instant autorisée. À l’inverse, les « cimetières verts » suscitent un réel engouement dans de nombreux pays, notamment dans le monde anglophone. Notre équipe concentre donc ses efforts sur la sensibilisation du public et la promotion de cette approche, convaincue qu’avant de faire évoluer les lois, il faut d’abord transformer les mentalités.
Bios Urn – Annie Lewis
Qu’est-ce qui a motivé la création de la Bios Urn ?
L’idée de la Bios Urn est née dans l’enfance de son fondateur espagnol, Gerard Moliné. Alors qu’il jardinait avec sa grand-mère, en plantant des fleurs et des légumes, il a trouvé un oiseau mort. Elle a spontanément décidé de l’enterrer, puis de semer des graines de fleurs sauvages au-dessus, offrant ainsi symboliquement une nouvelle vie à cet animal.
Ce souvenir ne l’a jamais quitté. En 1997, Moliné conçoit les premiers prototypes de la Bios Urn, qui est mise sur le marché en 2001. Cette innovation durable reçoit par la suite plusieurs distinctions en design et, en 2013, Moliné lance une entreprise en ligne afin de la commercialiser à l’échelle internationale, avec l’ambition déclarée de bousculer une industrie funéraire encore très conservatrice.
Étiez-vous les premiers à proposer ce type d’inhumation « végétale » ?
La Bios Urn a été la première urne biodégradable commercialisée dans le monde et la seule, à l’époque, à proposer de planter un arbre à partir des cendres issues de la crémation. Elle a notamment été reconnue dans plusieurs concours de design pour sa capacité à « améliorer la vie ». L’un des tout premiers exemplaires a d’ailleurs été utilisé par le zoo de Barcelone pour déposer les cendres du célèbre gorille albinos Floquet de Neu (Copito de Nieve) et les transformer en un arbre africain, geste hautement symbolique.
Les cendres présentant un pH très élevé, susceptible de nuire à la croissance des végétaux, comment la Bios Urn parvient-elle à contourner cet écueil ?
La Bios Urn est composée de différents éléments entièrement biodégradables, à base de cellulose et de fibres naturelles. Sa structure interne sépare, dans un premier temps, la graine ou le jeune plant des cendres, afin de permettre une germination optimale. Lorsque l’urne commence à se biodégrader, les racines, déjà bien développées, peuvent alors entrer en contact avec les cendres, qui sont progressivement intégrées au sol.
‘Au fil des dix dernières années, le design a évolué, mais l’objectif central de Bios Urn resteé le même : redonner du sens à ce cycle de vie et ce retour à la nature.’
Chacune de nos urnes est accompagnée d’un petit disque de substrat expansible. Compact au départ, il peut décupler de volume une fois arrosé, absorbe l’eau pour garder les racines humides et assure un apport régulier en nutriments. Entièrement composé de matériaux naturels et biodégradables, il contribue à maintenir un bon niveau d’humidité et à préserver l’équilibre du sol, tout en favorisant la croissance de la plante. Tous les matériaux sont issus de filières locales et répondent à des critères de production éthique, ce qui est un point essentiel pour nous.
Concernant le pH élevé des cendres, vous avez raison de souligner qu’il peut nuire aux graines et aux jeunes pousses si celles-ci sont exposées trop tôt, directement dans la zone racinaire. Nos urnes sont donc conçues pour accompagner progressivement l’intégration des cendres au sol, le temps que le système racinaire se développe et que la plante s’acclimate à son environnement

Urnes Bios • Image : courtoisie de Bios Urn
La Bios Urn possède un design breveté, structuré en deux compartiments distincts. L’un est réservé aux cendres, tandis que l’autre accueille le mélange de terre ainsi que les graines ou les jeunes plants. Cette conception à double compartiment a été conçue précisément pour protéger les graines ou les semis et favoriser une croissance saine. Entre les deux capsules se trouve un disque expansible riche en nutriments, qui favorise le développement de l’arbre. Le pH élevé des cendres ne devient problématique que si l’on tente de faire germer directement les graines dans les cendres, alors qu’elles ont besoin d’un substrat adapté pour pousser.
La quantité de cendres déposée dans l’urne ne compromet pas l’équilibre nutritif nécessaire à la croissance de la plante. À titre indicatif, on peut généralement répandre une vingtaine de livres de cendres sur environ mille pieds carrés de jardin sans nuire au sol. Au fond, disperser des cendres en forêt ou les répandre en mer a des effets comparables sur l’environnement à ceux d’utiliser une Bios Urn ; la différence, c’est qu’ici, un arbre finit par pousser, ce qui s’avère plus bénéfique pour l’écosystème à long terme.
L’urne Bios est vendue avec un arbre au choix. Expédiez-vous au Canada ?
Urne Bios est l’entité francophone de Bios Urn : il s’agit de la même entreprise et de la même marque, simplement adaptée au marché de langue française. Nous expédions de nombreuses Urne Bios partout au Canada et collaborons avec plusieurs distributeurs et détaillants sur place.
Nous avons choisi de ne pas vendre systématiquement l’arbre en complément, sauf si la personne en fait la demande. Nous ne voulions pas que les familles se sentent limitées. La Bios Urn peut accueillir toutes les graines et tous les jeunes plants, sans exception. Chacun devrait pouvoir choisir un arbre qui a du sens pour lui et ses proches. Arbres fruitiers, arbres en fleurs, conifères ou feuillus persistants : toutes ces essences sont compatibles. Il est également possible d’opter pour un semis ou un plant déjà démarré plutôt qu’une graine.
‘Nous ne voulons pas perturber la flore locale en plantant des essences inadaptées ou absentes de la région. C’est pourquoi nous proposons des guides d’espèces d’arbres, adaptés à différents pays et régions du monde.’
Nous encourageons toujours les gens à choisir une essence indigène ou couramment présente dans la région où l’urne sera plantée, car c’est plus respectueux de l’environnement et favorise une meilleure croissance de l’arbre. C’est un point essentiel pour nous. Nous ne voulons pas perturber la flore locale en introduisant des espèces inadaptées ou absentes du milieu naturel. C’est pourquoi nous avons développé des guides d’essences par régions et par pays, afin d’aider chacun à faire un choix éclairé.Les personnes qui nous contactent et souhaitent recevoir des graines avec leur urne peuvent en obtenir gratuitement.
Y a-t-il des restrictions, d’un État à l’autre ou d’une province à l’autre, quant à ce que l’on peut enterrer et à l’endroit où cela peut être fait ?
Les lois et règlements relatifs à l’inhumation ou à la dispersion des cendres varient d’une province à l’autre. Dans bien des cas, ils ne précisent pas clairement si le fait de planter une urne biodégradable qui fait pousser un arbre est autorisé, les textes n’ayant pas évolué aussi vite que les pratiques et le marché. L’Amérique du Nord fait néanmoins partie des régions les plus avancées au monde en matière d’options funéraires modernes et de lieux où planter une urne, ce qui constitue un atout majeur. Fondée en Espagne, l’entreprise expédie ses urnes dans tous les pays, sans exception : à ce jour, des Bios Urn ont été envoyées dans 47 pays, sur cinq continents, et ce nombre ne cesse d’augmenter.

Parc Bios • Image : courtoisie de Bios Urn
Notre tout premier Bios Parc, un espace vert dédié à la plantation de nos urnes biodégradables, se trouve au Québec, près de Montréal. C’est un modèle que nous espérons pouvoir déployer ailleurs dans le monde au fil des prochaines années.
Peut-on acheter une Bios Urn à l’avance, en prévision, et combien de temps reste-t-elle viable ?
Beaucoup de personnes commandent une Bios Urn pour elles-mêmes dans le cadre d’un préarrangement funéraire. L’urne n’a pas de date de péremption : grâce aux matériaux qui la composent, elle peut être conservée indéfiniment, pendant des années, voire des décennies, y compris déjà remplie de cendres. Elle ne commence à se dégrader qu’une fois plantée en terre et exposée à l’humidité.
Et l’arbre, peut-on l’ajouter plus tard ?
Si l’urne est plantée ultérieurement, nous recommandons simplement d’acheter les graines, le plant ou le jeune arbre au moment de la mise en terre, afin de choisir une essence adaptée au lieu et aux conditions de plantation.
Recommandez-vous aux personnes intéressées par la Bios Urn de se tourner vers un salon funéraire pour être accompagnées ?
Dans la plupart des cas, les familles sont déjà en contact avec un salon funéraire pour organiser la crémation. Si la Bios Urn a été achetée à l’avance, le crématorium peut la remplir directement. Si elle est commandée après les funérailles, avec un lieu de plantation en tête, la famille peut y transférer elle-même les cendres. Nous avons voulu rendre le processus aussi simple et souple que possible. Certains salons funéraires offrent aussi des conseils sur les lieux de plantation possibles et sur la réglementation locale, ce qui est très précieux pour les familles.
‘Certains salons funéraires offrent aussi des conseils sur les lieux possibles de plantation et sur la réglementation locale, ce qui s’avère très précieux pour les familles.’
Living Urn USA – Steve H.
Quelle a été la genèse de The Living Urn ?
Living Urn a été fondée par trois amis d’enfance qui ont grandi en Californie du Sud avant de s’installer au Colorado. L’idée est née d’une cérémonie commémorative au cours de laquelle un arbre avait été planté en mémoire du père de l’un d’eux, décédé alors qu’ils étaient à l’école primaire. Plus tard, en se remémorant ce moment, ils se sont dit : « Pourquoi ne pas aller plus loin et associer les cendres d’un être cher à l’arbre lui-même ? »
Après deux années de travail avec des spécialistes des sols, des arboriculteurs, des ingénieurs en matériaux et des directeurs de funérailles, The Living Urn a officiellement vu le jour en 2015. Portés par ce succès, les fondateurs ont ensuite développé d’autres urnes écologiques, toutes conçues comme des objets à la fois fonctionnels, esthétiques et fabriqués à partir de matériaux et de procédés respectueux de l’environnement.
Qu’offrez-vous aux familles comme forme d’inhumation « végétale » ?
The Living Urn est le premier et le seul système combinant urne biodégradable et plantation conçu pour être utilisé avec un arbre vivant, et le seul « tout-en-un » qui fournit tout ce dont une famille a besoin pour créer un mémorial arboré durable. L’entreprise détient deux solides brevets d’utilité pour cette invention.
Ce système entièrement naturel comprend une urne biodégradable fabriquée à partir de matières végétales recyclées, un additif de sol appelé RootProtect, qui neutralise certaines propriétés des cendres rendant le milieu trop hostile pour un jeune arbre, ainsi que des copeaux de bois vieillis pour le paillis. L’ensemble est présenté dans un coffret en bambou, une ressource renouvelable. Pour chaque code postal aux États-Unis et pour la plupart des codes postaux au Canada, The Living Urn propose une sélection d’essences adaptées au climat local, avec plus d’une trentaine de choix pour la majorité des régions.
Les cendres ont un pH très élevé qui peut freiner la croissance d’un arbre. Comment The Living Urn contourne-t-elle cet obstacle ?
Le système The Living Urn repose sur une urne biodégradable fabriquée uniquement à partir de matériaux végétaux recyclés, d’eau, de pression et de chaleur, sans colle ni produits chimiques. Cette urne se dégrade rapidement une fois plantée, permettant aux racines de se développer librement et de bien s’implanter. Contrairement à d’autres urnes, The Living Urn a été spécifiquement conçue pour être utilisée avec de jeunes arbres et non avec des graines, ce qui est un point clé, car il est beaucoup plus difficile de faire pousser un arbre à partir d’un simple semis.
Le principe est simple : les cendres sont déposées au fond de l’urne biodégradable, puis recouvertes de l’additif RootProtect. Le jeune arbre est ensuite planté à côté de l’urne. Des copeaux de bois sont disposés autour de l’arbre pour maintenir l’humidité du sol et le protéger des variations de température.
L’urne Living Urn est vendue avec un arbre au choix. Expédiez-vous au Canada ?
Oui. Nous expédions des Living Urns et des arbres vers le Canada tous les jours. Nous collaborons aussi avec environ 500 salons funéraires au Canada et plus de 3 500 aux États-Unis.
Y a-t-il des restrictions provinciales quant à ce que l’on peut enterrer et à l’endroit où cela peut être fait ?
Beaucoup de familles choisissent tout simplement de planter The Living Urn sur leur propre terrain ou dans leur jardin. D’autres préfèrent un lieu cher au défunt, un cimetière, une propriété d’église, voire, lorsque les autorités l’autorisent, un parc municipal, provincial ou même national.
Peut-on acheter uniquement The Living Urn à l’avance, puis ajouter l’arbre plus tard ?
Conscients de l’importance de la planification, nous avons mis en place un programme de préarrangements. Dans ce cadre, nous envoyons le système Living Urn accompagné d’un bon pour un arbre, qui pourra être échangé en tout temps. The Living Urn n’a pas de date d’expiration : elle peut être conservée aussi longtemps que nécessaire.
Recommandez-vous aux personnes intéressées par The Living Urn de contacter un salon funéraire pour être guidées ?
Les familles peuvent s’adresser à nos partenaires funéraires pour obtenir davantage d’informations, ou communiquer directement avec nous ; nous serons ravis de les accompagner dans leurs démarches.
Plantation Arbre de vie – Claude et Joanne Cloutier
Qu’est-ce qui a motivé l’implication d’Arbre de vie dans l’inhumation « végétale » ? Vos 40 acres de terrain ont-ils été acquis en pensant à cet usage ?
Nous aimons le sentiment de sérénité que procure la nature, en particulier la forêt. L’idée est venue en observant tout le travail nécessaire pour entretenir notre boisé. Nos clients viennent y planter un arbre en mémoire d’un être cher. Nous plantons les arbres. Le client dépose les cendres. C’est une façon de reconnecter l’esprit du défunt à la nature et un symbole de continuité.
Plantez-vous des bio-urnes de n’importe quel fournisseur reconnu à Plantation Arbre de vie ?
Oui. Chacun peut venir choisir un emplacement qui convient à l’essence d’arbre qu’il souhaite planter. Nous fournissons le lieu et nous en assurons l’entretien, afin que les arbres commémoratifs puissent s’épanouir dans le temps.

Érable à la Plantation Arbre de Vie • Image: courtoisie de Plantation Arbre de Vie
Y a-t-il une période de l’année où la plantation n’est pas possible ?
Les plantations ne peuvent se faire qu’une fois le sol dégelé et jusqu’aux premiers gels, soit de la mi-mai à la fin octobre. En dehors de cette période, il est préférable de conserver les cendres au domicile du client ou, si l’arbre est déjà en pot, de l’arroser adéquatement en attendant la mise en terre.arbredevie+1
Avez-vous eu besoin d’un permis spécial pour inhumer des cendres au Québec ?
Nous plantons des arbres. Les cendres, elles, agissent comme fertilisant pour l’arbre. La loi est claire : une fois la crémation effectuée, les cendres appartiennent à la succession. Si l’on souhaite les enterrer sur un terrain public, il faut obtenir l’autorisation de la municipalité. Sur une propriété privée comme la nôtre, il n’y a pas de restriction particulière.cleocremation+2
Les bosquets étaient-ils déjà en place ? Par exemple, le sentier des Conifères était-il déjà peuplé de résineux ou avez-vous dessiné le plan de plantation ?
La forêt elle-même a, en quelque sorte, choisi quelles essences poussent à quels endroits. Certains secteurs sont dominés par les conifères, d’autres par les feuillus. La forêt offre une sorte de toile de fond, qu’il nous suffit de savoir lire. Comme le disait Michel-Ange : « La sculpture est déjà complète dans le bloc de marbre avant même que je commence mon travail. Elle est déjà là, je n’ai plus qu’à enlever le superflu. »
Le coût de la plantation couvre quelle durée ?
Il couvre toute la vie de l’arbre.
Et si l’arbre meurt à cause d’une maladie ou pour une autre raison ?
Nous surveillons constamment l’état de la forêt. En cas de problème, nous avisons nos clients et trouvons avec eux une solution, par exemple en replantant un arbre. La forêt est un legs vivant que nous souhaitons laisser derrière nous, et nos héritiers partagent ce souhait.
Quand les gens peuvent-ils venir se recueillir auprès des arbres ? Y a-t-il des périodes où le site est fermé ?
Nous sommes ouverts uniquement pendant la saison de plantation. Toutes les visites se font sur réservation. La forêt est accessible de la mi-mai à la fin octobre, lorsque la météo le permet. Il arrive que nous soyons absents ; dans ce cas, les visites sont suspendues, car nous ne voudrions pas que les gens se perdent dans le bois.arbredevie+1
« I frequently tramped eight or ten miles through the deepest snow to keep an appointment with a beech tree, or a yellow birch, or an old acquaintance among the pines. » – Henry David Thoreau
Cimetière Notre-Dame-des-Neiges – Ashley Ornawka
Après de nombreuses années de parcours dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges, je ne me souviens pas avoir remarqué le Boisé du souvenir. Depuis quand existe-t-il ?
Remembrance Grove est une initiative relativement récente, en place depuis 2021.
Combien d’arbres ont été plantés à ce jour ?
Environ 35 arbres ont été plantés jusqu’ici, mais le terrain peut en accueillir des milliers.
Comment identifiez-vous la personne associée à chaque arbre ?
Chaque arbre est numéroté et le nom du défunt figure sur un monument central au cœur du Bosquet du souvenir. Une petite plaque fixée à la base de chaque arbre, par-dessus une gaine de protection installée sur l’écorce, permet également d’identifier l’arbre.espacepourlavie+1
Vous proposez environ neuf essences d’arbres. Comment ont-elles été choisies ?
Les essences varient selon les disponibilités saisonnières. Nous essayons d’offrir aux clients une sélection de six à neuf espèces, dont l’érable.
Je crois que je choisirais l’érable… pour toutes ses magnifiques couleurs automnales ! Avez-vous dû obtenir un permis ou une autorisation auprès d’Environnement Canada ?
Aucune autorisation ni licence particulière n’est requise.newswire

Boisé du souvenir • Image: courtoisie de Cimetière Notre-Dame-des-Neiges
Combien de temps ces arbres resteront-ils vigoureux ? Y a-t-il un contrat de durée ? Que se passe-t-il si l’arbre tombe malade ou meurt ?
Chaque arbre a une espérance de vie d’environ 100 à 200 ans. L’arbre est garanti à vie : s’il tombe malade ou meurt, il sera replanté.
Prévoyez-vous agrandir le bosquet ?
Un nouveau bosquet, appelé Bosquet Saint-Louis, a été aménagé. Il surplombe le lac Saint-Louis, à l’ouest de Montréal. Le Bosquet du souvenir est situé plus près de l’entrée principale du cimetière Notre-Dame-des-Neiges, avec une vue magnifique sur l’Oratoire Saint-Joseph. Ce bosquet, très vaste, pourra accueillir des milliers d’arbres, alors que le Bosquet Saint-Louis proposera de plus grands arbres dans un espace plus restreint. Chaque secteur du cimetière a sa propre signature. Aucun espace ne ressemble à un autre.
Y a-t-il beaucoup de cimetières qui offrent ce type d’option ?
D’autres lieux d’inhumation naturelle existent au Québec, notamment à Granby et à Shawinigan. Nous sommes toutefois le premier site d’inhumation écologique dans une grande ville canadienne.
S’agit-il d’un axe de développement en croissance pour le cimetière Notre-Dame-des-Neiges ?
Notre cimetière est fortement engagé dans un plan vert. Les phases 1 et 2 du Bosquet du souvenir couvrent environ 15 000 pieds carrés, et plus de 165 000 pieds carrés restent à aménager au fil des années. Nous continuerons dans cette voie afin de renforcer l’écosystème et la biodiversité de Montréal.
‘Une nation qui détruit ses sols se détruit elle-même. Les forêts sont les poumons de notre terre : elles purifient l’air et redonnent force à notre peuple.’
– Franklin D. Roosevelt
Peu après m’être intéressée à ces « inhumations écologiques », je suis tombée sur un article paru le 2 septembre 2022 dans The Guardian, portant sur le déclin des arbres à l’échelle mondiale. Cette réalité donne encore plus de poids à l’idée de « devenir un arbre ». Nos proches pourront trouver un lieu calme pour se souvenir de nous et communier avec la nature. Et nous pourrons, en retour, ajouter de l’oxygène à la planète, offrir un habitat à la faune et contribuer à la beauté du monde.
Image d’entête : courtoisie de Capsula Mundi

