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Établir son risque financier

Le coefficient Beta pour évaluer le risque d’un portefeuille d’actions

Par Jean-Luc Burlone

Analyse économique

Les dernières données sur l’emploi de l’économie américaine appuient le sentiment de confiance des consommateurs et des gens d’affaires. De plus, les bons résultats des entreprises au dernier trimestre, la croissance du reste du monde et la baisse du rendement des obligations, laissent entendre que l’euphorie des marchés boursiers de ces derniers mois est justifiée. Le « hard data » va-t-il rejoindre le « soft data »?

Peut-être mais pas sûr. Quoique la croissance de l’économie américaine au dernier trimestre soit robuste, sa durabilité est considérée douteuse. Son niveau de croissance ne correspond pas au plein emploi ni au faible taux d’inflation. Autre bizarrerie, l’incertitude est grande pour de nombreux agents économiques alors que le niveau de volatilité des marchés est au plus bas depuis 24 ans.

Quoique la croissance de l’économie américaine au dernier trimestre soit robuste, sa durabilité est considérée douteuse.

L’incertitude aux États-Unis est maintenue par le manque de capital et de main d’œuvre nécessaires à la croissance économique promise par la Maison Blanche et espérée par les investisseurs. D’autre part, les coûts du protectionnisme semblent ignorés par les marchés ainsi que le haut niveau d’endettement, quoique un haut niveau d’endettement soit plus aisé à gérer avec un faible taux d’intérêt.

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Le marché boursier est un précurseur de l’activité économique comme il est un créateur de richesse car la corrélation entre une hausse du marché boursier et une hausse des dépenses des consommateurs est positive et significative. Cette causalité réciproque, entre la bourse et la consommation, crée un cercle vertueux qui peut s’inverser rapidement suite à une nouvelle imprévue.

Stratégie financière

Dans ce contexte, l’investisseur prudent peut décider, dans une certaine mesure, du risque qu’il est prêt à accepter. Une approche est 1) d’établir son niveau de perte acceptable et 2) d’estimer la volatilité du portefeuille en calculant le ratio Beta, qui établit de combien l’actif financier variera avec une variation de 1% du marché. Ainsi, avec un Beta de 1,5 si la bourse corrige de 10%, l’actif financier baisera de 15%.

‘Dans ce contexte, l’investisseur prudent peut décider, dans une certaine mesure, du risque qu’il est prêt à accepter.’

L’investisseur doit concilier ces deux données en choisissant soit de réduire son risque en réduisant le Beta de son actif, soit en acceptant la perte potentielle qui s’estime en multipliant le Beta de l’actif financier par le niveau de correction du marché et par la probabilité de son occurrence. Concrètement, avec un Beta de 1,5, une correction de 10% ayant une probabilité de 80%, l’investisseur doit être prêt à accepter la baisse prévue de 12% de son actif financier (1,5 * 0,1*0,8 = 0,12 = 12%, soit 96 000$ sur 800 000$ d’actifs).

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Image : Yahoo via StockPholio.com


jean-luc_burlone

Jean-Luc Burlone, M.Sc. Ecn., FCSI (1996)
Analyse économique et stratégie financière
jlb@jlburlone.com

514 961-9440

Fellow de l’Institut canadien des valeurs mobilières (FCSI), Jean-Luc Burlone a une excellente connaissance de la gestion des produits financiers et il détient une maîtrise en économie de l’Université de Montréal avec une double spécialisation en économie du développement et en économie internationale – finance et commerce.


RW&CO.



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