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Cure de bien-être,
un massacre en règle

Un film qui se rapproche de la Montagne Magique tout en gaspillant cet héritage mirifique

Par Luc Archambault

Cure de bien-être (A Cure for Wellness) a pour réalisateur Gore Verbinski, qui a préalablement tourné les trois premiers films de la saga Pirates of the Caribbean (2003, 2006, 2007), la première adaptation du film The Ring (2002), ainsi que le décrié The Lone Ranger (2013). Il met en vedette Dane DeHaan dans le rôle de Lockhart, l’excellent Jason Isaacs dans le rôle du docteur Heinirch Volmer, et Mia Goth dans le rôle d’Hannah.

Les prémisses : Lockhart, un cadre travaillant pour une compagnie New-Yorkaise, doit se rendre en Suisse pour y persuader un des chefs de service, M. Pembroke, de revenir au pays afin d’approuver la vente de l’entreprise. Ce dernier se repose dans un établissement de cure de bien-être assez particulier, que tous les ‘patients’ refusent de quitter afin de se prévaloir de traitements miraculeux. Lockhart, pressé de ramener son supérieur, est blessé lors d’un accident automobile et est interné dans ce sanatorium particulier. Le directeur, le docteur Volmer, lui recommande de se reposer et de profiter des thérapies offertes par son établissement, afin de guérir sa jambe brisée.

Au fil des traitements, Lockhart commence à halluciner et est en proie à une paranoïa grandissante. Il est diagnostiqué comme fou par le docteur Volmer et est interné de force. Lockhart se résigne et apprend d’une patiente que le château dans lequel le sanatorium est situé appartenait à un baron fou qui souhaitait un héritier de sang pur. Il épousa donc sa propre sœur qui était stérile. Il se mit à expérimenter sur les locaux du village avoisinant qui se révoltèrent et mirent le château à feu et à sang. Capturant la sœur/épouse du baron, ils découvrirent qu’elle était enceinte et lui arrachèrent l’enfant de son utérus.

Lockhart découvre, à sa grande douleur, que le docteur utilise des anguilles qu’il insère dans le corps des patients afin d’obtenir un élixir qui lui permet de rester jeune, car le docteur Volmer se révèle être le baron, toujours vivant. Une jeune femme nommée Hannah, que Lockhart a rencontré lors de ses pérégrinations afin d’enquêter sur toute cette histoire, est quant à elle la fille du baron et est maintenue à un âge pubère par l’élixir de son père. Elle s’amourachera de Lockhart, ce qui provoquera la confrontation finale et la destruction du château.

Visuellement, ce film est magnifique. Tourné au château de Hohenzollern à Bisingen, en Allemagne, ainsi que dans deux autres municipalités germaniques, tout respire l’opulence. Là où le bat blesse se situe au niveau du scénario. Celui-ci commence par une adaptation moderne de Der Zauberberg (La Montagne Magique) de Thomas Mann. D’ailleurs, dans une des scènes de ce film, un employé du sanatorium lit justement ce même roman. Puis, lorsque le passé du baron/docteur Volmer est révélé, tout bascule dans un manifeste gâchis où l’horreur et le fantastique prennent le dessus jusqu’au final, d’un vitriol quasi mortel. Comme si le réalisateur avait perdu le contrôle de cette histoire qui était si prometteuse initialement.

Car une modernisation de Der Zauberberg, selon les termes du début, aurait été magistrale. Même l’ajout du traitement par anguilles aurait été le bienvenu. Mais le grand-guignolesque de Verbinski a su détourner sa brillance cinématographie. Même le jeu inspiré des trois principaux protagonistes se perd dans les méandres de cette perte de temps (le film dure pas moins de 2 heures et 26 minutes, soit environ une heure de trop). Dommage, parce que la critique des plus pertinentes sur la société actuelle, sur la division entre riches et pauvres, entre l’indolence et le gaspillage, aurait pu mener cette production à joindre les rangs d’autres filmes cultes.

Images: 20th Century Fox


Luc Archambault WestmountMag.ca

Luc Archambault
Écrivain et journaliste, globe-trotter invétéré, passionné de cinéma, de musique, de littérature et de danse contemporaine, il revient s’installer dans la métropole pour y poursuivre sa quête de sens au niveau artistique.


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