Les larmes de Marie à la Salle Bourgie
Arion Orchestre Baroque accueille la contralto Anthea Pichanick et la cheffe et claveciniste Marie van Rhijn
23 février 2026
Au début de mars, l’histoire de la douleur de Marie s’exprimera en musique à la Salle Bourgie, l’une des salles de concert classiques les plus appréciées de Montréal. Pendant deux soirées, les 7 et 8 mars 2026, l’orchestre baroque Arion Orchestre Baroque présente le programme évocateur Les larmes de Marie, un concert qui promet un parcours profondément émotif, puisant dans des siècles de musique sacrée dédiée à la figure humaine de la Vierge Marie.
Arion Orchestre Baroque est une référence en musique ancienne à Montréal. Depuis plus de quarante ans, l’ensemble fait vivre la musique des 17e et 18e siècles sur des instruments d’époque, avec une approche à la fois précise et très expressive. Sous la direction du bassoniste et directeur artistique Mathieu Lussier, Arion propose des programmes invitant le public à redécouvrir des histoires connues à travers la musique. Les larmes de Marie s’inscrit dans cette démarche, à la fois un hommage à une tradition dévotionnelle ancienne et une façon très actuelle de montrer la force expressive de la musique baroque.
Le thème des larmes de Marie, souvent associé à l’image du Stabat Mater, a inspiré de nombreuses pages marquantes du répertoire sacré.
Le thème des larmes de Marie, souvent associé à l’image du Stabat Mater – Marie au pied de la Croix – a inspiré de nombreuses pages marquantes du répertoire sacré. Des compositeurs de la période baroque italienne et allemande, ainsi que leurs contemporains français, sont revenus à plusieurs reprises sur ce sujet, attirés par ce mélange d’intimité et de grandeur. Le deuil d’une mère est universel, mais les textes liturgiques qui le décrivent demeurent fortement marqués par la théologie et la poésie. Les musiciens baroques ont abordé ce paradoxe par une musique qui passe du murmure recueilli à une expression plus dramatique, entre des phrases simples, proches du chant liturgique, et des arias ornées.
Les auditeurs peuvent s’attendre à un programme qui explore ces différents registres émotionnels avec clarté et nuance. La force de cette musique ne dépend plus de la foi religieuse : les lignes plaintives d’une soprano, la couleur sombre d’une viole de gambe, les figures sanglotantes des violons – tout cela s’adresse directement aux expériences humaines partagées de la perte, de la compassion et de l’espérance. Le langage baroque de la dissonance et de la résolution, de la tension et de l’apaisement se prête idéalement à l’expression de tels thèmes. Une seule note suspendue, qui tarde à se résoudre, peut évoquer un souffle retenu ou un sanglot étouffé; un passage soudain du mode mineur au mode majeur peut faire naître la première lueur de consolation après le désespoir. Les musiciens d’Arion mettent ces outils expressifs au service du parcours, allant de l’angoisse à une forme d’acceptation.
La Salle Bourgie
La Salle Bourgie offre un écrin particulièrement approprié pour ce programme. Intime tout en étant résonante, elle est devenue un lieu de prédilection pour la musique de chambre et la musique ancienne à Montréal, mariant chaleur architecturale et acoustique remarquable. Sa proximité avec les collections d’art visuel du musée ajoute une dimension supplémentaire à la soirée. Les visiteurs qui viennent de croiser des représentations renaissantes ou baroques de la Vierge à l’Enfant, ou des scènes de la Passion, se retrouveront plongés dans le pendant musical de ces images. Là où la peinture saisit un instant figé – les yeux baissés de Marie, une larme sur sa joue – la musique nous permet d’habiter le déploiement de l’émotion dans le temps.

Au cœur de ce concert se trouve la relation entre le texte et la musique. Les compositeurs baroques étaient des maîtres de la « peinture de mots », façonnant les lignes mélodiques et les harmonies pour mettre en relief certains mots ou images. Lorsque le texte évoque les pleurs, la mélodie peut descendre en petits intervalles soupirants; lorsqu’il mentionne la Croix, la musique peut soudain s’élever, comme un regard vers le haut. Les auditeurs, même sans comprendre chaque phrase en latin ou dans d’autres langues liturgiques, perçoivent ces gestes et suivent le fil du récit émotif. Les larmes de Marie ne se présente donc pas seulement comme une succession de pièces magnifiques, mais comme un arc spirituel et dramatique cohérent.
La présence de Mathieu Lussier à la direction artistique garantit que cet arc est soigneusement conçu. Réputé pour son travail dynamique en tant qu’interprète et chef, Lussier excelle à faire ressortir le caractère de chaque page – qu’elle soit joueuse, grave ou ardente – tout en préservant la clarté du style. Son approche met souvent en valeur la dimension rhétorique de la musique baroque : l’idée que chaque mouvement s’apparente à un discours, conçu pour persuader et émouvoir l’auditeur. Dans un programme centré sur les larmes de Marie, cette dimension rhétorique prend une importance particulière. La musique ne se contente pas de décrire la douleur; elle nous invite à la ressentir, à y réfléchir et, ultimement, à en être transformés.
‘Les larmes de Marie ne se présente donc pas seulement comme une succession de pièces magnifiques, mais comme un arc spirituel et dramatique cohérent.’
Pour le public montréalais, Les larmes de Marie est aussi l’occasion de mesurer la vitalité du milieu de la musique ancienne qui s’épanouit ici. Les musiciens d’Arion apportent une expertise pointue des instruments historiques – cordes montées en boyau, archets baroques, vents anciens et instruments de continuo – qui modifie subtilement la manière dont ce répertoire sonne. Les couleurs sont plus terreuses et transparentes, les articulations plus proches de la parole, et l’équilibre entre voix et instruments plus intime. Dans le calme de la salle Bourgie, ces nuances s’apprécient pleinement : la légère âpreté de l’attaque d’une corde frottée, la lente extinction d’un accord pincé, la façon dont la salle elle‑même semble respirer avec l’ensemble.
En fin de compte, un concert comme Les larmes de Marie nous invite à ralentir et à écouter attentivement, la musique autant que nous‑mêmes. Dans un monde où le deuil est souvent escamoté ou relégué dans l’ombre, passer une soirée en compagnie des larmes de Marie peut paraître étonnamment actuel. Les compositeurs baroques qui ont écrit cette musique savaient que la douleur et la beauté ne sont pas opposées, mais intimement liées. Arion Orchestre Baroque, en partenariat avec la salle Bourgie, offre aux Montréalais la possibilité d’entrer dans cette compréhension – de s’asseoir, pour un temps, avec le poids de la perte et la promesse de la consolation, portée par le fragile et lumineux fil du son.
Au programme
Antonio Vivaldi (1678–1741)
Cantate Cessate, omai cessate, RV 684
Concerto en ré mineur pour cordes et basse continue, RV 129, « Madrigalesco »
Maria Margherita Grimani (fl. 1713–1715)
Cantate Pallade e Marte (extraits)
Maria Teresa Agnesi (1720–1795)
Serenata Ulisse in Campania (extraits)
Giovanni Battista Ferrandini (1709–1791)
Cantate Il pianto di Maria
Les larmes de Marie
Samedi, 7 mars 2026 : 19h30
Dimanche, 8 mars 2026 : 14h30
Salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal
1339, rue Sherbrooke Ouest
Métro Peel ou Guy-Concordia, Bus 24, 66, 165 ou 166
Billetterie
514 355-1825
Images : courtoisie d’Arion Orchestre Baroque




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