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Prévenir des pandémies
mondiales comme la COVID-19

Les pandémies sont susceptibles de se reproduire tant que nous ne nous attaquons pas à leurs causes profondes

Par Georges R. Dupras

Comme la plupart d’entre nous, je suis en quarantaine auto imposée et je deviens de plus en plus déprimé par le nombre toujours croissant de décès attribués à la propagation du Coronavirus.

Ce qui me déprime n’est pas tant l’isolation, mais plutôt la spéculation sans fin sur le virus lui-même et le fait qu’il n’y a pratiquement pas de discussion approfondie sur les origines de ce virus. Notre expérience avec le SRAS en 2004, ainsi qu’avec la grippe aviaire, aurait dû servir d’alarme. Quelles sont les leçons que l’on peut tirer de ces épidémies ? Elles provenaient tous de viandes infectées que l’on retrouve dans les marchés d’animaux vivants tels que celui à Wuhan, en Chine, l’épicentre d’origine de ce virus, et des marchés similaires ailleurs qui permettent ce genre d’exploitation.

Les anciennes fermes familiales disparaissent rapidement. De plus en plus, nos légumes nous parviennent de pays qui continuent à utiliser les pesticides qui sont interdits dans notre pays. Les produits génétiquement modifiés ont envahi les étagères dans nos épiceries. Les délices exotiques, tels les ailes de chauve-souris, sont maintenant au menu dans les restaurants de quartiers. Pensons également aux marchés en Corée du Sud et ailleurs qui spécialisent dans l’élevage, le vol, la vente, et l’abattage des chiens, une pratique haineuse qui encourage et soutient la cruauté inacceptable envers nos animaux de compagnies. Le Comité électoral extérieur, un groupe clandestin de députés et sénateurs libéraux et conservateurs à Ottawa, assure une transparence limitée de nos pratiques agricoles.

Il est temps que nos dirigeants cessent de parler du virus lui-même. Les Canadiens ont le droit de connaître les circonstances entourant l’apparition de la COVID-19 et quelles mesures sont mises en place pour prévenir de futures pandémies de cette nature.

Lorsqu’un représentant des médias a demandé au gouvernement s’il avait l’intention de mettre une pression sur la Chine et les autres pays afin d’interdire les marchés d’animaux vivants, la réponse fut que cette discussion aurait lieu après la résolution de la pandémie, qui pour l’instant est la priorité du gouvernement. Une fois de plus, nos élus réagissent à une grave menace pour la santé, une menace qu’ils savaient susceptible de se produire et une qui se reproduira sans aucun doute.

Les Canadiens ont le droit de connaître la vérité. Le gouvernement devrait fournir des informations réelles et honnêtes sur les origines de ce virus, quand, où, et pourquoi. Il doit également identifier les mesures qui seront mises en place, incluant une pression sur la Chine et les autres pays, pour prévenir de futures pandémies de cette nature. L’élevage intensif, les opérations et installations non enregistrées, sales, surpeuplées et non hygiéniques où se retrouvent des animaux morts, malades, blessés, entassés dans des cages, doivent être interdits sans délai, quel que soit leur emplacement. Nos élus doivent prioriser la santé des canadiens et canadiennes plutôt que les intérêts de nos accords commerciaux. Les vaccins et les quarantaines, bien qu’ils soient nécessaires et urgents, n’arrêteront pas la prochaine pandémie.

Il est temps que nos dirigeants cessent de parler du virus lui-même. Les Canadiens ont le droit de connaître les circonstances entourant l’apparition de la COVID-19 et quelles mesures sont mises en place pour prévenir de futures pandémies de cette nature. Il faut mettre un terme aux élevages intensifs d’animaux, aux installations de basse-cour malpropres, surpeuplées et peu hygiéniques, où les animaux morts, blessés et malades sont logés ensemble dans des cages surpeuplées, quel que soit l’endroit où ils se trouvent. Nous devons attendre de nos représentants élus qu’ils travaillent dans l’intérêt de la santé de tous plutôt que dans celui des accords commerciaux. Les vaccins et les quarantaines, bien que nécessaires et urgents, n’arrêteront pas la prochaine pandémie.

Avis : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de son auteur et ne reflètent pas nécessairement les opinions de WestmountMag.ca ou de ses éditeurs.

Image d’entête : Denise Chan via StockPholio.net

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Georges Dupras

Georges R. Dupras se fait le champion et le défenseur des animaux depuis plus de 50 ans. Il est membre de l’International Association for Bear Research and Management (IBA), un directeur de l’Alliance pour les animaux du Canada (AAC), le représentant du Québec de Zoocheck Canada, et un ancien directeur de la Société canadienne pour la prévention de la cruauté envers les animaux (CSPCA). En 1966, il s’est impliqué dans la campagne initiale pour sauver les phoques qui a mené à la fondation de l’International Fund for Animal Welfare (IFAW) en 1969. Il a publié deux livres : Values in Conflict et Ethics, A Human Condition. Georges demeure à Montréal, Québec, Canada.


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There are 2 comments

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  1. Ghislaine Pedneault

    Ce que vous dites relève d’un constat, ces marchés publics où règne une totale absence d’hygiène représentent un baril de poudre toujours prêt à exploser. Cette situation ne va pas s’améliorer avec la surpopulation de certaines régions du globe. Les humains ne cessent d’envahir des territoires occupés depuis toujours par des animaux et forcent ainsi une cohabitation pas toujours heureuse, comme c’est le cas avec la pandémie actuelle….

  2. Georges R. Dupras

    Merci Ghislaine pour votre commentaire sur un sujet qui est loin d’être apprécié a sa pleine valeur par le publique en générale. Nous avons en Amérique du nord des industries agri-commerciales qui ne représentent pas les fermes familiales du temps de nos parents, grand parents etc.

    Ces entreprises, autant que les entreprises pharmaceutiques, contribuent des sommes impressionnantes aux gouvernements du Canada et aux États Unis qui, on pourrait croire, donne carte blanche a ces entreprises. Le respect pour le bien-être des animaux, et bien sur les humains, sont secondaires aux profits et aux intérêts de nos élues.


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