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Nicolas Chapuis s’adresse au CORIM

L’ambassadeur de France et Raymond Chrétien discutent des enjeux mondiaux

Par Jean-Luc Burlone, M.Sc. Ecn., FCSI (1996)

Le CORIM (Conseil des relations internationales de Montréal) avait un sujet de discussion ambitieux lors de sa conférence du déjeuner du 16 mars: les enjeux internationaux en 2017.

Sur la scène se trouvaient M. Raymond Chrétien, dont le travail politique et les réalisations des 50 dernières années ont servi les intérêts du Canada et du Québec, et l’ambassadeur de France au Canada, M. Nicolas Chapuis qui, en qualité d’invité d’honneur, a répondu à M. Chrétien avec l’éloquence et l’humour français.

Nicolas Chapuis - photo: Sylvie-Ann Paré - WestmountMag.caUne heure n’était pas suffisante pour aborder tous les problèmes du monde. Néanmoins, après un bref examen de nos relations avec la France, M. Chapuis a salué l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Europe comme un accord exemplaire qui répond à toutes les questions en suspens. Parmi les questions résolues figurent le règlement des différends entre investisseurs et États, un système par lequel des entreprises individuelles peuvent poursuivre les pays pour des pratiques discriminatoires présumées, qui a été décrié tant par les investisseurs que par les états. Le Canada a joué un rôle déterminant dans la résolution de cette préoccupation en exigeant que les avocats du secteur public participent au règlement de différends avec des avocats du secteur privé, évitant ainsi un éventuel avantage favorisant les sociétés par rapport aux gouvernements. En discutant du processus de ratification de l’accord, M. Chapuis a mentionné que la cote en faveur de l’AECG en Europe était de plus de 66% et que la France et l’Allemagne ratifieront vraisemblablement l’accord après les prochaines élections dans ces pays. Il nous a également rappelé – non sans humour – que le Canada n’a pas encore ratifié l’AECG (actuellement en deuxième lecture au Parlement).

M. Chapuis a salué l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Europe comme un accord exemplaire qui répond à toutes les questions en suspens

La conversation s’est ensuite penchée sur le Brexit. M. Chapuis estime (et à juste titre) que Brexit est une erreur historique et coûteuse. Il a poursuivi en réexaminant les hésitations du Royaume-Uni à se joindre à l’Union européenne, rappelant que le pays a adhéré à la Communauté économique européenne (CEE) en 1973 après que Westminster eut réalisé que la CEE avait une croissance du PIB beaucoup plus élevée que celle du Royaume-Uni. Un bon point en effet. Un chiffre tardif indique que le Royaume-Uni a connu un taux de croissance du PIB cumulatif de 62% depuis l’entrée en vigueur du Traité de l’Union européenne (Maastricht) en 1993 (comparativement à un taux de croissance de 35% pour l’Allemagne depuis 1993). Malheureusement, comme l’a indiqué M. Chapuis, Brexit crée également un précédent qui refute l’idée que la formation de l’UE était un processus irréversible.

La vision de l’ambassadeur sur notre époque reconnaît les multiples crises auxquelles nous sommes confrontés simultanément, allant du défi lié au changement climatique qui stimule la recherche et l’application d’énergies renouvelables, à la révolution numérique qui perturbe le marché du travail et requiert un nouveau contrat social, sans omettre le fait que la crise financière de 2008 a créé des dommages économiques qui n’ont pas encore été résolus. En faisant notamment référence au gouvernement Trudeau qui incarne une philosophie politique de « libéralisme social », M. Chapuis a également soulevé la question du paysage politique actuel où la droite et la gauche s’entre-déchirent dans leur recherche d’un nouveau leitmotiv. Abordant brièvement le sujet du terrorisme, M. Chapuis a soulevé le fait rarement mentionné que les attaques récentes sont le fait d’individus nés et éduqués en France. Il a indiqué également que les attaques aux États-Unis ont été commises par des citoyens américains.

M. Chapuis soutient que l’Europe – dirigée par la France et l’Allemagne et avec l’aide de ses partenaires africains et asiatiques – sera en mesure de combler le vide laissé par une Amérique repliée sur elle-même.

Regardant vers l’avenir, l’ambassadeur Chapuis déplore le manque de nominations par le département d’Etat américain et les coupures de budget de 30% qu’il a subit. La situation est de plus en plus inquiétante car ces postes vacants entravent les communications et la collaboration nécessaire pour aborder des questions importantes et qui touchent tous les pays concernés. M. Chapuis soutient que l’Europe, dirigée par la France et l’Allemagne et avec l’aide de ses partenaires africains et asiatiques, sera en mesure de combler le vide laissé par une Amérique repliée sur elle-même. Enfin, le problème le plus pressant sur le plan international reste clairement celui de l’enjeu nucléaire nord-coréen. M. Chapuis soutient qu’étant donné qu’un accord a pu être conclu avec l’Iran, on devrait être capable d’en obtenir un avec la Corée du Nord. Malheureusement, le manque de temps n’a pas permis une discussion plus approfondie à ce sujet.

Images: Sylvie-Ann Paré


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Jean-Luc Burlone, M.Sc. Ecn., FCSI (1996)
Économiste – Financier
jlburlone@gmail.com

Fellow de l’Institut canadien des valeurs mobilières (FCSI), Jean-Luc Burlone a une excellente connaissance de la gestion des produits financiers et il détient une maîtrise en économie de l’Université de Montréal avec une double spécialisation en économie du développement et en économie internationale – finance et commerce.

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