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Les Montréalais veulent-ils
vraiment un autre aquarium ?

Le public est plus conscient des besoins des espèces en captivité dans des installations artificielles

Par Georges Dupras

7 décembre 2022

Avez-vous parfois l’impression que nos gouvernants ont perdu le contact avec le peuple ? Nos représentants élus ont-ils été à ce point aveuglés par la poudre aux yeux des présentations offertes par certains développeurs que leurs responsabilités environnementales sont désormais confiées à ceux qui maîtrisent la communication créative ?

Les concepteurs de Royalmount ont fait la sourde oreille aux nombreuses personnes qui voient les inconvénients de ce méga projet. Situé dans la ville de Mont-Royal, au sud de l’arrondissement montréalais de Saint-Laurent, et bordé par les autoroutes Métropolitaine et Décarie, ce labyrinthe va non seulement augmenter la congestion et la pollution locale, mais signera presque certainement le glas du Centre Rockland et aura un impact négatif sur le Marché Central. Comme si ce retour en arrière dans un monde de commerces au détail en pleine mutation ne suffisait pas, on nous annonce maintenant que les promoteurs prévoient quelque chose de tout aussi dépassé – je veux parler de l’inclusion d’un aquarium.

Ds recherches sur le millieu marin démontrent que les poissons reconnaissent les limites de leur habitat et souffrent de la même manière que les cétacés et les baleines lorsqu’ils sont en captivité.

Au cours des dernières décennies, des aquariums ont été fermés dans le monde entier, et ceux qui sont encore ouverts ont de plus en plus de mal à maintenir les ventes de billets et à attirer des annonceurs. Le grand public est de plus en plus sensibilisé aux besoins des espèces maintenues en captivité dans des installations artificielles. Dans ces aquariums, de petites baleines ont péri à cause de problèmes liés aux conditions de travail, et des requins ont été éliminés à l’aide d’un maillet. Aujourd’hui, des recherches sur le millieu marin démontrent que les poissons reconnaissent les limites de leur habitat et souffrent de la même manière que les cétacés et les baleines lorsqu’ils sont en captivité.

Le groupe Carbonleo affirme que ce projet encouragera un mode de vie plus écologique pour tous, mais ne dit pas comment.

Le fait est que les véritables menaces pour les écosystèmes marins sont la surpêche et la pollution. Maintenir des êtres sensibles dans un environnement non naturel alors qu’ils succombent lentement à des comportements aberrants ne fera rien pour inverser les tendances actuelles.

J’encourage les lecteurs à écrire au groupe Carbonleo pour lui demander de repenser ses projets d’aquarium ou de toute autre forme d’exhibition animale.

‘L’incarcération d’êtres sensibles dans un environnement artificiel ne fera rien pour inverser les menaces qui pèsent actuellement sur les écosystèmes marins.’

Cet aquarium est-il simplement une autre fantaisie au goût du jour, tout comme la corrida portugaise mal conçue d’il y a quelques années ou les rodéos ici à Montréal ? Sommes-nous simplement en train de répéter le sort des chevaux de calèche dans les rues de Montréal, donnant une autre raison aux gens de se demander qui nos élus représentent ?

Avertissement : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de son auteur et ne reflètent pas les opinions de WestmountMag.ca ou de ses éditeurs.


Image d’entête : Amrl30, CC0, via Wikimedia Commons

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Georges Dupras

Georges R. Dupras se fait le champion et le défenseur des animaux depuis plus de 50 ans. Il est membre de l’International Association for Bear Research and Management (IBA), un directeur de l’Alliance pour les animaux du Canada (AAC), le représentant du Québec de Zoocheck Canada, et un ancien directeur de la Société canadienne pour la prévention de la cruauté envers les animaux (CSPCA). En 1966, il s’est impliqué dans la campagne initiale pour sauver les phoques qui a mené à la fondation de l’International Fund for Animal Welfare (IFAW) en 1969. Il a publié deux livres : Values in Conflict et Ethics, A Human Condition. Georges demeure à Montréal, Québec, Canada.



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  1. Ghislaine Pedneault

    Merci pour cet article éclairant qui montre que l’on peut se montrer cruel avec les animaux sans leur donner de coups de bâton. Juste les priver du milieu de vie qui leur convient, c’est de la cruauté.
    Le projet Royalmount est une erreur depuis le début. Avec la pandémie et la récession, possible que les promoteurs cherchent des façons d’attirer la clientèle sur le site. Dommage que des espèces animales doivent en faire les frais.


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