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Chrystia Freeland : le Canada
dans un monde en changement

La ministre des affaires étrangères du Canada s’adresse à l’auditoire du CORIM

Par Jean-Luc Burlone

Devant une salle de 450 personnes conquises d’avance, la ministre Chrystia Freeland était à la hauteur de sa réputation. Dans un français très acceptable elle a fait un tour d’horizon des principaux enjeux qu’elle nous recommande de considérer afin de maintenir le système multilatéral, qui a si bien servi le monde depuis 70 ans.

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Elle résume superficiellement ces enjeux en les classant en deux catégories, soit la menace que la résurgence de l’autoritarisme fait peser sur la démocratie libérale et l’affaiblissement de l’ordre international fondé sur des règles.

Concernant l’autoritarisme, Mme Freeland remarque la monté de mouvements anti-démocratiques qui cherchent à miner les démocraties libérales en blâmant les immigrants et les partenaires commerciaux. Elle nomme la technologie et la mondialisation comme les causes qui ont occasionné l’appauvrissement de la classe moyenne, ce qui rend cette dernière sensible aux arguments des démagogues.

Quant à la question de l’ordre international, Mme Freeland suggère d’appliquer des règles qui ont du mordant dans les ententes commerciales comme l’ont fait le Canada et l’Europe, dans leur récent accord et comme devrait en prendre note l’Organisation du commerce mondial qui tarde à se mettre au diapason de 2018.

… elle a fait un tour d’horizon des principaux enjeux qu’elle nous recommande de considérer afin de maintenir le système multilatéral, qui a si bien servi le monde depuis 70 ans.

Il faut rappeler que le défunt Partenariat TransPacific, comme sa nouvelle mouture dont les États-Unis ne font pas partie, a des clauses ou des règles strictes qui protègent l’environnement, les unions, les travailleurs, la liberté de l’internet, etc.

Rien de nouveau dans ce survol de la ministre, une simplification bien répandue, qui néglige de rappeler que parmi les dernière 70 années, 50 était la guerre froide où l’Ouest démontrait que son régime démocratique apportait un bien être supérieur à la population. Un combat d’idéologies qui s’est estompé après la chute du mur de Berlin et qui s’est transformé – n’ayant plus d’ennemi idéologique – en une ruée vers l’argent sans beaucoup plus.

Deux points intéressants cependant dans le discours lorsque la ministre a rappelé d’une part, que si la richesse est mondiale, le bien-être est nationale et que chaque pays dispose d’une assiette fiscale pour s’occuper des 99% qui ne font pas partie de l’élite financière. Et d’autre part, qu’une démocratie ne doit pas hésiter à admettre ses fautes et à les amender car cela ne la discrédite pas, au contraire – une allusion à la Réconciliation avec les Premières Nations de son premier ministre et du Parti libéral.

‘Deux points intéressants cependant dans le discours lorsque la ministre a rappelé d’une part, que si la richesse est mondiale, le bien-être est nationale…’

La ministre Chrystia Freeland avait d’ailleurs débuté son allocution avec ces mots : « Je voudrais commencer en soulignant que les terres sur lesquelles nous sommes réunis font partie du territoire traditionnel non cédé des Kanien’keha:ka (dénommés également Mohawks), qui a longtemps servi de lieu de rassemblement et d’échange entre nations. »

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Interviewée par Mme Michèle Boisvert, ex-journaliste, Mme Freeland a clairement démontré sa profonde connaissance du dossier de l’ALENA. Elle a fait remarquer combien le gouvernement Trudeau était préparé à toutes les éventualités et que la réponse canadienne à l’imposition de tarifs par l’administration américaine était immédiate, précise et complète.

La ministre a rassuré l’auditoire que les canaux de communications étaient ouverts et qu’elle continuait ses discussions avec ses correspondants américains, incluant le Secrétaire d’état, M. Mike Pompeo. Bref, son été est bien planifié pour négocier l’ALENA, dont neuf (9) chapitres sont déjà réglés.

‘Elle a fait remarquer combien le gouvernement Trudeau était préparé à toutes les éventualités et que la réponse canadienne à l’imposition de tarifs par l’administration américaine était immédiate, précise et complète.’

Comme beaucoup de politiciens, la ministre Chrystia Freeland parle avec prudence. Elle sait vendre son parti, sa philosophie et son chef. Si elle ne s’aventure pas beaucoup, on perçoit néanmoins que sa connaissance des dossiers est profonde et que sa vision est solidement établie.

Button Sign up to newsletter – WestmountMag.caImages : Sylvie-Ann Paré

Lire aussi : Une nouvelle mondialisation: Gérer l’incertitude


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Jean-Luc Burlone, Ms. Sc. Economie, FCSI (1996)
Analyse économique et Stratégie financière
jlb@jlburlone.com

Le texte ci-dessus exprime mon opinion suite au déjeuner-causerie CORIM du 20 juin 2018. – JLB

Fellow de l’Institut canadien des valeurs mobilières (FCSI), Jean-Luc Burlone a une excellente connaissance de la gestion des produits financiers et il détient une maîtrise en économie de l’Université de Montréal avec une double spécialisation en économie du développement et en économie internationale – finance et commerce.


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